L'an 1539, 1er février, il disait: «Quoique les affaires relatives aux mariages nous obligent tous les jours d'étudier, de lire, de prêcher, d'écrire et de prier, je me réjouis que les consistoires soient établis, surtout pour ce genre d'affaires... On trouve beaucoup de parens, particulièrement des beaux-pères qui, sans raison, défendent le mariage à leurs enfans. L'autorité et les pasteurs doivent y voir, et favoriser les mariages, même contre la volonté des parens, selon les diverses occurrences... Les enfans doivent citer à leurs parens l'exemple de Samson. Nous ne sommes plus au temps de la papauté, où l'on suivait la loi contre l'équité.» (Tischreden, p. 322.)

[a43] Page 81, ligne 12.—Ma femme et mes petits enfans...

Durant la diète d'Augsbourg, il écrivit à son fils Jean: «Grâce et paix à toi, en Jésus-Christ, mon cher petit enfant. Je vois avec plaisir que tu apprends bien et que tu pries sans distraction. Continue, mon enfant, et, quand je reviendrai à la maison, je te rapporterai quelque belle chose.

»Je sais un beau et riant jardin, tout plein d'enfans en robes d'or, qui vont jouant sous les arbres avec de belles pommes, des poires, des cerises, des noisettes et des prunes; ils chantent, ils sautent, et sont tout joyeux; ils ont aussi de jolis petits chevaux avec des brides d'or et des selles d'argent. En passant devant ce jardin, je demandais à l'homme à qui il appartient, quels étaient ces enfans? Il me répondit: «Ce sont ceux qui aiment à prier, à apprendre, et qui sont pieux.» Je lui dis alors: «Cher ami, j'ai aussi un enfant, c'est le petit Jean Luther; ne pourrait-il pas aussi venir dans ce jardin manger de ces belles pommes et de ces belles poires, monter sur ces jolis petits chevaux, et jouer avec les autres enfans?» L'homme me répondit: «S'il est bien sage, s'il prie et apprend volontiers, il pourra aussi venir, le petit Philippe et le petit Jacques avec lui; ils trouveront ici des fifres, des timbales et autres beaux instrumens pour faire de la musique; ils danseront et tireront avec de petites arbalètes.» En parlant ainsi, l'homme me montra, au milieu du jardin, une belle prairie pour danser, où l'on voyait suspendus les fifres, les timbales, et les petites arbalètes. Mais il était encore matin, les enfans n'avaient pas dîné, et je ne pouvais attendre que la danse commençât. Je dis alors à l'homme: «Cher seigneur, je vais vite écrire à mon cher petit Jean, afin qu'il soit bien sage, qu'il prie et qu'il apprenne, pour venir aussi dans ce jardin; mais il a une tante Madeleine qu'il aime beaucoup, pourra-t-il l'amener avec lui?» L'homme me répondit: «Oui, ils pourront venir ensemble, faites-le-lui savoir.» Sois donc bien sage, mon cher enfant; dis à Philippe et à Jacques de l'être aussi, et vous viendrez tous ensemble jouer dans ce beau jardin.—Je te recommande à la protection de Dieu. Salue de ma part la tante Madeleine, et donne-lui un baiser pour moi. Ton père qui te chérit. Martin Luther.» (19 juin 1530.)

[a44] Page 84.—Fin du chapitre...

«Dieu sait tous les métiers mieux que personne. Comme tailleur, il fait au cerf une robe qui lui sert neuf cents ans sans se déchirer. Comme cordonnier, il lui donne une chaussure qui dure encore plus long-temps que lui. Et ne s'entend-il pas à la cuisine, lui qui par le feu du soleil fait tout cuire et tout mûrir. Si notre Seigneur vendait les biens qu'il donne, il en ferait passablement d'argent; mais parce qu'il les donne gratis, on n'en tient pas compte.» (Tischr., p. 27.)

Ce passage bizarre et un assez grand nombre d'autres, nous montrent dans Luther le modèle probable d'Abraham de Sancta Clara. Au dix-septième siècle, on n'imitait plus que les défauts de Luther.

[a45] Page 87, ligne 15.—Le décalogue...

«Me voilà devenu disciple du décalogue. Je commence à comprendre que le décalogue est la dialectique de l'Évangile, et l'Évangile la rhétorique du décalogue; Christ a tout ce qui est de Moïse, mais Moïse n'a pas tout ce qui est de Christ.» (20 juin 1530.)

[a46] Page 88, ligne 9.—Il y aura un nouveau ciel, une nouvelle terre...