«Le docteur parla un jour de l'habileté et du talent des peintres italiens. «Ils savent imiter la nature si parfaitement, dit-il, qu'indépendamment de la couleur et de la forme convenables, ils expriment encore les gestes et les sentimens de manière à faire croire que leurs tableaux sont choses vivantes.—La Flandre suit la trace de l'Italie. Ceux des Pays-Bas, et surtout les Flamands ont l'esprit éveillé, ils ont aussi de la facilité pour apprendre les langues étrangères. C'est un proverbe que si l'on portait un Flamand dans un sac à travers l'Italie ou la France, il n'en apprendrait pas moins la langue du pays.» (Tischreden, p. 424 verso.)
[a61] Page 122, ligne 3.—Banque...
Il dit dans son traité de Usuris: «J'appelle usuriers ceux qui prêtent à cinq et six pour cent. L'Écriture défend le prêt à intérêt; on doit prêter de l'argent comme on prête un vase à son voisin. Les lois civiles même défendent l'usure. Ce n'est pas faire acte de charité que d'échanger une chose avec quelqu'un en gagnant sur l'échange; c'est voler. Un usurier est un voleur digne de la potence. Aujourd'hui, à Leipsig, celui qui prête cent florins en reçoit au bout d'une seule année quarante pour l'intérêt de son argent.—On ne doit pas observer les promesses faites aux usuriers; ils ne peuvent être admis aux sacremens ni ensevelis en terre sainte.—Voici le dernier conseil que j'aie à donner aux usuriers; ils veulent de l'argent, de l'or; eh bien! qu'ils s'adressent à quelqu'un qui ne leur donnera pas dix ou vingt pour cent, mais cent pour dix. Celui-là a de quoi satisfaire à leur avidité; ses trésors sont inépuisables; il peut donner sans s'appauvrir (Oper. lat. Luth. Witt. t. VII, p. 419-37.)
Le docteur Henning proposait cette question à Luther: «Si j'avais amassé de l'argent, que je ne voulusse pas en disposer, et qu'un homme vînt me prier de le lui prêter; pourrais-je en bonne conscience lui répondre: Je n'ai point d'argent?—Oui, dit Luther, on peut le faire en conscience. C'est comme si on disait: Je n'ai point d'argent dont je veuille disposer... Christ, en ordonnant de donner, ne dit pas de donner à tous les prodigues et dissipateurs... Dans cette ville, il n'y a personne de plus nécessiteux que les étudians. La pauvreté y est grande à la vérité, mais la paresse encore plus... Je ne veux point ôter le pain de la bouche à ma femme et à mes enfans pour donner à ceux à qui rien ne profite (Tischred. p. 64).
[a62] Page 122, à la fin du chapitre IV.
On peut attacher à la fin de ce chapitre diverses paroles de Luther sur les papes, les rois, les princes.
«Il n'y a jamais eu de plus rusé trompeur sur la terre que le pape Clément (Clément VII)[r185]. C'est qu'il était de Florence, etc.»
«Le pape Jules, deuxième du nom, était un homme excellent pour le gouvernement et la guerre[r186]..... Lorsqu'il apprit que son armée avait été battue à Ravenne, il blasphéma Dieu dans le ciel; il lui disait: Au nom de mille diables, es-tu donc devenu si bon Français? est-ce ainsi que tu protéges ton Église? Il tourna les yeux vers la terre, et dit: Saints Suisses, priez pour nous! Et il envoya aussitôt le cardinal de Saltzbourg, Mathieu Lang, pour traiter avec l'empereur Maximilien.»
«Si j'avais été de ce temps-là, on m'aurait fait venir à Paris avec grand honneur, mais j'étais encore trop jeune et Dieu ne le voulait point, de crainte que l'on ne pensât que c'était la puissance du roi de France, etc.»[r187]
«Le pape Jules II, un homme plein d'audace et d'habileté, un vrai diable incarné, avait définitivement résolu de réformer les Franciscains[r188]. Mais ils recoururent aux rois et aux princes, les firent agir et envoyèrent au pape quatre-vingt mille couronnes. Le pape dit: Comment résister à des gens si bien cuirassés?»