«L'an 1532, l'astrologue Gauric raconta au margrave de Brandebourg, Joachim, que, comme on faisait à Clément VII le reproche d'être bâtard, il répondit: Et Jésus-Christ? Dès-lors le Margrave devint favorable à Luther.»[r189]

«Lorsque ceux de Bruges tenaient prisonnier l'empereur Maximilien, et voulaient lui couper la tête, ils écrivirent au sénat de Venise pour demander conseil[r190]. Les Vénitiens répondirent: Homo mortuus non facit guerram... Les Vénitiens firent faire une farce contre Maximilien. Le doge paraissait d'abord, puis venait le Français qui avait une poche au côté; il y prenait des couronnes (pièces de monnaie), et les couronnes débordaient la poche. Derrière venait l'Empereur, peint en habit gris, avec un petit cor de chasse. Il avait aussi une poche, mais quand il y mettait la main, les doigts passaient à travers.—Les Florentins en firent autant. Ils représentèrent le Français assis sur un siége percé, et.... de l'argent. L'empereur Maximilien ramassait. Mais ils ont eu depuis une bonne leçon. Le petit-fils de l'empereur Maximilien, l'empereur Charles, leur a bien appris à vivre. Dieu applique volontiers aux orgueilleux le verset que l'on chante au Magnificat: Deposuit patentes de sede

«L'empereur Maximilien disait[r191]: Si on mettait du sang des princes d'Autriche et de Bavière bouillir ensemble dans un pot, on le verrait en même temps sauter dehors.»

«On dit que l'empereur Maximilien partit un jour d'un éclat de rire; il en avoua la cause le lendemain[r192]. Je riais, dit-il, de voir que Dieu a confié le gouvernement spirituel à un ivrogne de prêtre, comme le pape Jules, et le gouvernement temporel à un chasseur de chamois, comme je suis.»

«Dans le château de Prague l'on voit toute la suite des portraits des rois. Ferdinand est le dernier, et il n'y a plus de place. Il en est de même dans la salle ronde du château de Wittemberg. Cela ne signifie rien de bon.

L'empereur Maximilien disait: «L'Empereur est bien le roi des rois, car les princes de l'Empire font tout ce qu'ils veulent; le roi de France est celui des ânes, les siens exécutent tout ce qu'il commande; le roi d'Angleterre est le roi des hommes, car ils lui obéissent et ils l'aiment.»

«Maximilien demandait à un de ses secrétaires comment il fallait traiter un serviteur qui le volait; et comme l'autre répondait qu'il était juste de le pendre: Nous n'en ferons rien, dit l'Empereur en lui frappant sur l'épaule, nous avons encore besoin de vos services.»

«Après l'élection de l'empereur Charles, l'électeur de Saxe demanda au seigneur Fabian de Feilitzsch, son conseiller, s'il lui plaisait qu'on eût élu empereur le roi d'Espagne[r193]. Cet homme sage répondit: «Il est bon que les corbeaux aient un vautour.»

On lisait dans un vieux livre cette prophétie: «L'empereur Charles soumettra toute l'Europe, réformera l'Église; sous lui, les ordres mendians et les sectes seront anéantis.»

«La nouvelle vint qu'Antonio de Leyva et André Doria avaient conseillé à l'Empereur d'aller en personne contre le Turc et de ne point emmener son frère; car, disaient-ils, il n'a point de bonheur[r194]. En effet, Ferdinand est trop fin et trop réfléchi; il n'agit que par conseil et délibération, jamais par impulsion divine.»—L'Empereur devient malheureux; il ne sait pas profiter de l'occasion; il perd aujourd'hui Milan.