[411]: Le 6 septembre 1463, Louis XI crée et donne à Cérisay, vicomte de Carentan, «l'office du procureur-général du Roy en son eschiquier, ès assemblée des estats et conventions, et par tous les siéges et auditoires de son pays de Normandie où il se trouveroit et besoing seroit.» Les avocats et procureurs du Roi près les bailliages se lèvent tous ensemble et protestent, disant «que la création dudit office estoit nouvelle...» À quoi Guillaume de Cérisay répondit: «qu'il protestait au contraire; que ce n'estoit point création nouvelle, mais y en avoit eu anciennement.» Registres de l'Échiquier. Floquet, Histoire du Parlement de Normandie, I, 246.
[412]: Louis XI savait oublier à propos. Rien n'indique qu'il ait été rancuneux, au moins dans cette première époque. Il se réconcilia, dès qu'il y eut intérêt, avec tous ceux dont il avait eu à se plaindre, avec Liége et Tournai, qui, pour plaire à son père, s'étaient mal conduites avec lui pendant son exil. Il s'arrangea sans difficulté avec Sforza, qui, depuis deux ans, tenait en échec la maison d'Anjou et l'empêchait lui-même de reprendre Gênes; il lui livra Savone et lui céda ses droits sur Gênes même, etc.—À peine fut-il sur le trône que les chanoines de Loches, croyant lui faire leur cour, le prièrent de faire enlever le monument de leur bienfaitrice Agnès Sorel. «J'y consens, dit-il, mais vous rendrez tout ce que vous tenez d'elle.» Ils n'insistèrent plus.
[413]: Par exemple, si l'on en croit le faux Amelgard, il aurait partagé avec un certain Bores, qui faisait et expédiait les collations d'office et en tirait profit: «Et communiter ferebatur talium emolumentorum ipsum regem inventorem atque participem fore.» Bibl. royale, mss. Amelgardi, lib. I, c. VII, 108.
[414]: «Touchant Jehan Marcel, nous le tenons au petit Chastellet, et n'est jour que les commissaires n'y besognent; et touchant ses biens-meubles, j'ay entendu dire que l'inventaire se monte à dix ou douze mille livres parisis, et se Dieu veut qu'il soit condamné, Sire, on en trouvera beaucoup plus... À mon souverain Seigneur, le bailly de Sens (Charles de Melun).» Lenglet Dufresnoy.
[415]: Le roi avait promis à Charles de Melun de lui donner les biens de Dammartin si celui-ci était condamné. La chose ne pouvait manquer, Charles de Melun étant un des commissaires qui jugeaient. Cependant il ne put pas attendre le jugement pour entrer en possession; il enleva tous les biens-meubles de l'accusé, jusqu'à une grille de fer qu'il emporta sur des charrettes et qu'il fit servir à sa maison de Paris. La comtesse de Dammartin fut contrainte de vivre chez un de ses fermiers pendant trois mois. (Lenglet.)
[416]: La réponse de la mère au roi est jolie et adroite; son mari est absent, dit-elle, «à la foire du Lendit.» Elle remercie très-humblement «de ce qu'il Vous a plu nous escripre de l'advancement de nostre dicte fille; toutefois, Sire, il y a longtemps que... elle a faict response qu'elle n'avoit aucun voulloir de soy marier...»
[417]: Si l'on en croit un de ses ennemis, il aurait exprimé un jour dans son exil, en présence des chanoines de Liége, combien il enviait à Ferdinand le Bâtard et à Édouard IV leurs immenses confiscations, l'extermination des barons de Naples et d'Angleterre, etc. (Ms. Amelgardi.)
[418]: «Fist deux chevaliers de Venise à grand mistère venir.» Chastellain.
[419]: C'est l'histoire de l'illustre et infortuné Jean de Witt, qui vit très-bien dans l'avenir que la Hollande finirait par n'être qu'une chaloupe à la remorque de l'Angleterre, et qui, tout préoccupé de cette idée lointaine, s'obstina à croire que la France suivrait son véritable intérêt, qu'elle ménagerait la Hollande.
[420]: Les actes ne donnent rien qui s'écarte de la forme banale de ces accusations; un moine noir, des images de cire baptisées «d'une eau bruiant d'un sault de molin,» l'une percée d'aiguilles, etc. Bibl. royale, mss. Baluze, 165.