[274]: Il semble même qu'il ait eu contre le roi une haine personnelle: «Icellui seigneur se complaignit à lui qui parle, en lui disant qu'il savoit bien que le Roy ne l'aimeroit jamais et qu'il estoit mal content de lui... Si je pouvais avoir une pouldre que je sçais bien et la mettre en la buée où les draps-linges du roy seroient mis, je le ferois dormir tout sec...»—Le duc avait envoyé à Bruges pour faire acheter chez un pharmacien de cette ville une herbe appelée martagon qui avait, disait-il, de nombreuses et merveilleuses propriétés, mais on n'était point parvenu à se procurer cette herbe. Procès du duc d'Alençon, dépositions de son valet de chambre anglais et du premier témoin entendu.
[275]: Les dépositions des témoins au Procès sont pleines de détails naïfs qui ne peuvent guère être inventés.
[276]: Robert Holgiles, natif de Londres et héraut d'armes du duc d'Excestre, dépose que le duc d'Alençon lui dit qu'il pouvoit dès ce moment mettre à la disposition du roi d'Angleterre «plus de neuf cents bombardes, canons et serpentines; mais qu'il feroit ses efforts pour en avoir mille; qu'il faisoit construire, entre autres pièces d'artillerie, deux bombardes, les plus belles du roiaulme de France, dont l'une estoit de mestail, lesquelles il donneroit au duc d'York avec deux coursiers... que monseigneur le dauphin lui devait envoier...» Ibidem.
[277]: Il venait de lui envoyer des arbalètes en présent; le duc de Bourgogne, à qui probablement le roi en écrivit, crut devoir s'excuser. Ce détail et presque tous ceux qui suivent sont tirés du savant ouvrage inédit où j'ai puisé si souvent: Bibliothèque royale, mss. Legrand, Histoire de Louis XI, livre II, folio 89.
Rien ne caractérise mieux l'ardente ambition de ces Savoyards que l'aveu qu'ils en firent au duc de Milan: «Nous deistes: Par le saint Dyex! ne reurra un an que je ayra plus de païs que not mais nul de mes encesseurs, et qu'il sera plus parlé de moy que ne fut mais de nul de notre lignage, ou que je mourrai en la poine!» Lettre de Galéas Visconti à Amédée VI, 1373. Cibrario e Promis, Documenti, monete et sigilli, 289.
[278]: Les Anglais disaient que de tous les hommes de France, le dauphin était celui qu'ils redoutaient le plus. Procès du duc d'Alençon, déposition de son émissaire, le prêtre Thomas Gillet.
[279]: V. le Registre Delphinal de Mathieu Thomassin, fait par commandement du dauphin Louis, 1456, Bibliothèque royale, mss. Colbert, 3657 (sous le titre de Chronique du Dauphiné).
[280]: Le peuple ne pouvait croire à la mort de la Pucelle; elle ressuscita plusieurs fois.—En attendant la publication intégrale que prépare M. Jules Quicherat, voir les extraits d'Averdy (Notices des mss., t. III). Note de 1841.
En 1436, une fausse Pucelle se fit reconnaître par les deux frères de Jeanne à Metz. Elle s'attacha à la comtesse de Luxembourg, puis suivit à Cologne le comte de Wirnembourg. Là elle se conduisit si mal que l'inquisiteur la fit arrêter; mais le comte intercéda; elle revint en Lorraine, où elle se maria à un seigneur des Harmoises. Elle alla à Orléans, où la ville lui fit des présents. Symphorien Guyon, Histoire d'Orléans (1650). IIe partie, p. 265.—«En celluy temps (1440) en amenèrent les gens d'armes une, laquelle fut à Orléans très-honorablement receue, et quand elle fut près de Paris, la grant erreur recommença de croire fermement que c'estoit la Pucelle, et pour cette cause on la fit venir à Paris et fut monstrée au peuple au palays sur la pierre de marbre et là fut preschée, et dit qu'elle n'estoit pas pucelle et qu'elle avoit été mariée à ung chevalier, dont elle avoit eu deux filx, et avec ce disoit qu'elle avoit fait aucune chose dont il convint qu'elle allast au Saint-Père, comme de main mise sur son père ou mère, prestre ou clerc violentement. Elle y alla vestue comme un homme, et fut comme souldoyer en la guerre du Saint-Père Eugène, et fist homicide en ladite guerre par deux foys, et quand elle fut à Paris encore retourna en la guerre, et fust en garnison et puis s'en alla.» Journal du Bourgeois de Paris, 185-6, ann. 1440.—La troisième Pucelle, amenée à Charles VII en 1441, le reconnut à une botte faulve qu'il portait alors pour un mal de pied. Le roi lui dit: «Pucelle, ma mie, vous soyez la très-bien revenue, au nom de Dieu qui scet le secret qui est entre vous et moi.» Elle se jeta à genoux en lui avouant son imposture. Exemple de hardiesse, mss. Bibliothèque royale, no 180, cité par Lenglet, II, 155.
[281]: Lorsqu'il sollicitait Dammartin d'enlever Charles VII, quelques années auparavant, il ajoutait: «Et y veux estre en personne, car chacun craint la personne du roi quand on le voit; et quand je n'y seroye en personne, je doute que le cœur ne faillit à mes gens, quand ils le verraient, et en ma présence chacun fera ce que je voudrai.» Déposition de Dammartin. (Duclos.)