§ XIV
Résumé de l'introduction.

Pourquoi la Renaissance arrive-t-elle trois cents ans trop tard? Pourquoi le Moyen âge vit-il trois siècles après sa mort?

Son terrorisme, sa police, ses bûchers, n'auraient pas suffi. L'esprit humain eût tout brisé. L'École le sauva, la création d'un grand peuple de raisonneurs contre la Raison.

Le néant fut fécond, créa.

De la philosophie proscrite naquit l'infinie légion des ergoteurs, la dispute sérieuse, acharnée, du vide et du rien.

De la religion étouffée naquit le monde béat des mystiques raisonnables, l'art de délirer sagement.

De la proscription de la nature et des sciences sortirent en foule les fripons et les dupes, qui lurent aux astres et firent de l'or.

Immense armée des fils d'Éole, nés du vent et gonflés de mots. Ils soufflèrent. À leur souffle, une Babel de mensonges et de billevesées, un solide brouillard, magiquement épaissi, où la raison ne mordait pas, s'éleva dans les airs. L'humanité s'assit au pied, morne, silencieuse, renonçant à la Vérité.

Si du moins, au défaut du Vrai, on pouvait atteindre le Juste? Le roi l'oppose au pape. Grand bruit, grand combat de nos dieux. Et tout cela pour rien. Les deux incarnations s'entendent, et toute liberté est désespérée. On tombe plus bas qu'auparavant. Les communes ont péri. La bourgeoisie est née, avec la petite prudence.

Les masses ainsi amorties, que pourront les grandes âmes? Des apparitions surhumaines, à réveiller les morts, vont venir, et ne feront rien. Ils voient passer Jeanne d'Arc, et disent: «Quelle est cette fille?»