La demande de la Sorbonne était tellement ridicule, que les parlementaires, jusque-là alliés des sorbonnistes, réclamèrent contre eux. Budé et Jean Du Bellay démontrèrent au roi que la chose était et inepte et impossible.

Le clergé tourna l'obstacle. Il obtint qu'il y aurait censure, des censeurs élus par le Parlement. Et peu après, en 1542, il tira la chose des mains du Parlement, et se fit censeur.

Cependant, de toutes parts, la voix publique s'élevait contre l'horrible inconséquence de poursuivre les protestants à Paris et de les aider en Allemagne, de traiter avec les Turcs et de brûler les chrétiens.

Les Allemands, il est vrai, avaient détruit l'anabaptisme (communiste et polygame). Mais, à Paris, avec quelque furie qu'eût été menée la chose, les pièces brûlées avec les hommes, les procès détruits, la lumière éteinte, il n'était que trop certain que pas un de ces infortunés n'était anabaptiste. Autre était l'école française, toute chrétienne, soumise aux puissances.

C'était justement le moment où les protestants d'Allemagne, avec l'argent de France, avaient, par un coup rapide, enlevé le Wurtemberg à la maison d'Autriche et au catholicisme, forçant Ferdinand à accepter le fait accompli, à confirmer l'édit de tolérance.

Il en était résulté une vaste explosion protestante. Tout ce qui restait catholique par peur de l'Autriche parla haut et se déclara. La Poméranie, le Mecklembourg, le Brunswick, les provinces allemandes de Danemark, une forte partie de la Saxe, tout le Palatinat du Rhin, se déclarèrent protestants. Le lointain Nord Scandinave commençait à s'ébranler et prendre le même esprit.

De sorte que François Ier put voir qu'en brûlant les protestants il défaisait ce qu'il venait de faire, irritait les Allemands au moment où il venait de les gagner par un signalé service, se brouillait avec un parti qui avait déjà la moitié de l'Europe.

Et pour qui cette sottise? Pour Clément VII, qui mourait? Pour gagner l'Église italienne? Cette Église, comme l'Italie, l'exécrait et le maudissait pour avoir lâché, appelé l'épouvantable terreur des corsaires de Barberousse.

Il commença à voir clair, et se dépêcha en juillet (1535) de regagner les Allemands. Duprat venait de mourir. Les Du Bellay lui firent de nouveau inviter Mélanchthon. Il donna une amnistie, «voulant que les suspects ne fussent plus inquiétés, et que, s'ils étaient prisonniers, on les délivrât.» Les fugitifs pouvaient revenir en abjurant dans les six mois et vivant en bons catholiques.

Une chose plus significative était déjà faite depuis février. Le roi avait enlevé Béda, lui avait fait faire amende honorable, et l'avait jeté au Mont-Saint-Michel, où il resta jusqu'à sa mort.