Pour reprendre, les Guises, Charles-Quint et le pape, dans leurs variations, ne me fournissent aucunement le solide point de départ dont ce livre a besoin.

Sa base est en deux choses qu'il faut donner d'abord, en deux acteurs qu'il faut poser en face: l'Espagne et le Protestantisme.

Je dis l'Espagne, et non pas le parti catholique. Ce parti, avec toutes ses finesses politiques, avec sa mécanique législative de Trente, etc., n'aurait pas pu lutter s'il ne lui était survenu un élément nouveau, très-spécial, qui réchauffa tout.

Élément national qui devint universel, qui espagnolisa la religion par toute l'Europe, substituant le roman à la poésie, et (chose inattendue) de la chevalerie faisant jaillir une police!

Cette police est l'ordre des jésuites, ordre essentiellement espagnol, qui très-longtemps n'a que des généraux espagnols.

Ordre dominateur, comme l'Espagne l'est alors, absorbant et engloutissant, qui transforme toute l'Église, jésuitise ses ennemis même, impose sa méthode à tout prêtre, à tout moine, si bien que tout ordre rival, ne confessant plus qu'à ce prix, doit se faire jésuite ou périr.

Encore une fois, voilà les deux acteurs, et il n'y en a pas d'autres: la Réforme, l'intrigue espagnole; l'Espagne et le protestantisme.

L'Espagne envahit par l'épée, le roman, la police. Et la France, au roman, opposa la poésie.

La poésie du cœur, la grandeur des martyrs, les luttes et les fuites héroïques, les lointaines migrations, les hymnes du désert et les chants du bûcher.

Bien entendu que la France veut dire ici un ensemble de peuples, et la grande école Genève, et ses colonies aux Pays-Bas, en Écosse, en Angleterre, l'infiltration puritaine qui par-dessous fit une autre Angleterre.