- L'Entrée à Paris. Mars 1594 [347]
CHAPITRE XXV
- Paix avec l'Espagne.—Édit de Nantes. 1595-1598 [358]
- Blessure du roi; expulsion des Jésuites (décembre 1594) [361]
- Traité de Vervins (2 mai 1598) [366]
- Conclusion de l'histoire du xvie siècle [370]
- Notre histoire n'est point impartiale [371]
- Ce que nous avons voulu [372]
- La religion de l'humanité et de la nature [374]
- Comment le vieux principe parvint à vivre après sa mort [375]
- Pourquoi la Renaissance échoua [378]
- Impuissance du vieux principe dans sa victoire apparente [380]
- Notes des guerres de religion [387]
PARIS.—IMPRIMERIE MODERNE, Barthier, directeur, rue J.-J.-Rousseau, 61.
Notes
[1]: Les lettres manuscrites de Granvelle, de Catherine, de l'ambassadeur de Savoie et du nonce, parmi les documents imprimés, les correspondances d'Angleterre et de Hollande m'ont aidé principalement à débrouiller le fil de nos affaires. Rien de plus important que cette dernière, publiée par M. Groen van Prinsterer. Les pièces si curieuses, les notes savantes et consciencieuses de l'éditeur, m'éclairaient également. Je les cite peu dans ces notes, mais, comme on a vu, très-souvent dans mon texte. Après la mort de Coligny, la tragédie des tragédies continue dans Guillaume, ce si grand homme! si humain, et si ferme, d'un malheur accompli, surtout dans ce traité lamentable avec Charles IX, que la patrie lui imposa et qui lui arracha le cœur (Lettre d'avril 1573, t. IV, p. 116). Les appendices de M. Groen m'ont servi aussi beaucoup en me donnant l'ambassade de Saint-Goard à Madrid et celle de Schomberg en Allemagne.
[2]: Les Archives du Vatican révèlent deux faits curieux: Charles IX, le 6 septembre, demanda au pape le prix du massacre, un prêt de cent mille écus. Déjà le 2 septembre, huit jours après la mort de Coligny, son parent, M. de Montmorency, avait tiré de Charles IX une abbaye dont Coligny avait les revenus.
Le nonce écrit au pape que le roi se tue à la chasse; depuis peu il a éreinté cinq mille chiens, et il crève pour trente mille francs de chevaux par an. Le cardinal de Lorraine craint extrêmement un arrangement et conseille un nouveau massacre.—Le roi trouve des hommes cachés dans son Louvre (29 avril 1574).—Dans la nuit du 9 mai, la vieille reine s'imagine qu'on a mis de la poudre sous son lit pour la faire sauter; elle cherche et ne trouve rien.—Le roi meurt et les évêques viennent demander à la régente ce qu'il a dit en mourant. Elle répond spirituellement: «Que vous résidiez dans vos diocèses.»—Sa misère est grande cependant; les cardinaux de Lorraine, de Bourbon et d'Est se cotisent avec d'autres prélats pour lui procurer cent écus. (22 juin 1574.)—Enfin Henri III arrive. Le nonce en fait le plus lamentable portrait. Il dit: «Il est faible et luxurieux; il n'aura pas de postérité. Quand il reste une nuit ou deux avec une femme, il reste huit jours au lit.»—Un autre écrit: «C'est un jeune homme aussi jeune d'esprit qu'on puisse imaginer, une créature paresseuse et voluptueuse qui passe sa vie à niaiser au lit. Il a peu de mois à vivre, etc.»—La mère et le fils écrivent au pape de longues lettres, radoteuses et pleureuses, pour demander de l'argent. Le pape offre dix mille francs. (Archives de France, extraits des Archives du Vatican, carton II, 338.)
[3]: Charles IX lui-même craignit l'effet de la tête de Coligny arrivant à Rome. Il ordonna au gouverneur de Lyon de l'arrêter au passage.—Pour le clergé, il lui a fallu plus de temps pour apprécier les choses. Ce n'est que soixante ans après qu'on a inventé des prélats contraires à la Saint-Barthélemy. Le premier, un jacobin breton, Mallet, dans son histoire de son ordre, imagina, affirma qu'un saint homme, directeur de Catherine de Médicis et de Diane de Poitiers, l'évêque de Lisieux, Hennuyer, avait empêché le massacre dans cette ville. Le jésuite Maimbourg a reproduit ce récit. Malheureusement les registres de la ville de Lisieux établissent tout le contraire. Ce fut le magistrat qui empêcha l'effusion de sang, et nullement l'évêque, alors absent, et d'ailleurs ardent persécuteur. La chose est discutée à fond par Louis Du Bois, Rech. sur la Normandie.
[4]: Les archives diplomatiques de la maison de Savoie m'ont été fort libéralement ouvertes à Turin, en juillet 1854. J'y ai trouvé les précieuses dépêches que l'envoyé du duc, à Paris, écrivait à son maître presque jour par jour. Elles commencent à la Saint-Barthélemy. Il m'importait de contrôler les pièces espagnoles par cette correspondance de Savoie, qui, quoique également catholique, n'en a pas moins son point de vue à part. J'en donnerai deux spécimens, des années 1573-1575 et 1586-1589. Voici le premier: