Boulogne, que le duc d'Aumale n'avait pas pu arracher au lieutenant de d'Épernon, Boulogne, que le roi avait en vain prié d'Épernon de lui remettre, était livré cette fois, pris d'un trait de plume.
À ces articles terribles ajoutez les dons, non écrits, que l'on extorqua:
Mayenne, frère de Guise, aura l'une des deux armées contre les hérétiques.
Un frère de Guise aura le Lyonnais,—autrement dit, donnera la main à la Savoie, et pourra lui ouvrir la France.
Un autre frère, le cardinal de Guise, sera légat d'Avignon; le roi l'obtiendra du pape.
L'intime confident de Guise, Menneville, que plusieurs croyaient la tête même de la Ligue, entrera au conseil du roi avec l'archevêque de Lyon.
Le cardinal de Bourbon est déclaré le plus proche parent du roi. Exclusion implicite du roi de Navarre.
Guise lui-même aura le commandement général des armées, avec la justice et la police militaires, comme les avait le connétable.
Le roi n'avait plus rien à donner en ce monde. Il ne lui restait guère que son corps et sa personne. On voulait qu'il les livrât, qu'il allât montrer dans Paris sa face souffletée et se prêter aux nasardes. C'est ce que vint lui demander la reine mère le 1er août, en lui présentant le cardinal de Bourbon et le duc de Guise. Le roi les embrassa tendrement en souriant, mais refusa leur requête.
Alors la bonne Catherine se mit à verser des larmes (ce qui lui arrivait souvent, car elle était fort sensible): «Comment, mon fils! que dira-t-on de moi? et quel compte pensez-vous qu'on en fasse? Serait-il bien possible que vous eussiez changé tout d'un coup votre naturel si enclin à pardonner?»