Sous ce rapport, la nature la servit.

Non-seulement il perdit les dents, mais une carie de la mâchoire se déclara, un trou se fit dans l'os. Quand il buvait, il devait s'observer; autrement le liquide remontait et voulait passer par les narines (Journal ms. des médecins, 1685). Cette désagréable infirmité accusait un état morbide plus général qui, peu après, amena une fistule.

L'épouse devint garde-malade.

Les Jésuites eurent ce qu'ils voulurent. Ce fut un pacte entre elle et eux. Elle se soumit, baisa la griffe, conseilla la proscription. Et ils se compromirent, consentirent le mariage. Mais ils ne le firent point, ils le laissèrent faire, se réservant sans doute de pouvoir dire plus tard au roi (s'il lui venait un repentir) que lui-même les avait forcés.

Pour le roi, les deux choses étaient affaires de conscience.

Par la révocation, il expiait le double adultère. Par le mariage, il s'amendait, légitimait et régularisait la position d'une femme dévouée qui l'avait guéri de la Montespan.

Madame dit (II, 108) que le mariage eut lieu deux ans après la mort de la reine, donc dans les derniers mois de 1685. M. de Noailles (II, 121) établit la même date.

Pour le jour précis, on l'ignore.

On doit conjecturer qu'il eut lieu après le jour de la Révocation, déclarée à la fin d'octobre, ce jour où le roi tint parole, accorda l'acte qu'elle avait consenti, et où elle fut ainsi engagée sans retour.

Sinistre mariage. En novembre, à l'entrée du terrible hiver des supplices et des fuites, il se fit la nuit à Versailles, dans le plus grand mystère.