Note 10: Personne n'a eu la patience de lire les cinq volumes de Montgon. Il est très-instructif pour qui sait le comprendre. Il montre: 1o l'opposition du roi et de la reine. Le roi l'envoie pour qu'il réveille ses partisans, rallie M. le Duc, etc. La reine l'envoie pour obtenir à tout prix de Fleury le temps de prendre Gibraltar; pour cela il faut que l'abbé achète la confiance de Fleury, même en lui rapportant tout ce que dit M. le Duc. Le pauvre Montgon n'eût jamais osé une telle trahison qui ne lui profitait en rien sans l'ordre de la reine d'Espagne à qui elle profitait visiblement.—2o Montgon révèle ce fait curieux que Fleury n'osait refuser à la reine d'Espagne, au grand parti jésuite, le temps de prendre Gibraltar, et même de soulever l'Écosse, de lancer le Prétendant. Il louvoyait, trompait alors Walpole. Il était prêtre, et pas encore Anglais.[Retour au texte principal.]

Note 11: Scène attendrissante, et nullement ridicule, dans les belles gravures du livre de Montgeron. Le portrait de Pâris, qu'on voit en tête, est admirable de vérité. Ignoble vérité, mais douloureuse, qui inspire le dégoût, et bien plus la pitié. Les légendes de guérison sont très-intéressantes. Toutes ces créatures innocentes et crédules, malades la plupart à force de vertus, touchent infiniment. Pauvre, pauvre peuple de France![Retour au texte principal.]

Note 12: J'en trouve la première mention en 1725 (Lemontey, II, 290). Voir aussi: Les soupers de Daphné et les dortoirs de Lacédémone. (Brochure écrite en 1733). Les dames y obsèdent leurs maris et leurs amants pour qu'ils leur révèlent les mystères de la Franc-Maçonnerie.—Le journal de M. de Luynes parle un peu plus tard des Freemassons, 1737.[Retour au texte principal.]

Note 13: Un esprit des plus fermes du temps et des plus lumineux, M. Jules Quicherat, dont les cours ont fondé la vraie critique des arts du Moyen âge, n'a pas craint de descendre à l'histoire d'un collége. Rare exemple aujourd'hui. Il a fait un chef-d'œuvre. Ce livre, spécial en apparence, est d'intérêt très-général; c'est l'histoire des méthodes souvent l'histoire des mœurs, celle de l'honnête résistance qui, par l'enseignement, maintint chez nous la dignité modeste, la pureté des caractères.[Retour au texte principal.]

Note 14: Il faut les lire chez MM. Coquerel, Peyrat, Haag (France protest.), Read (Bulletin, etc.). Pour la circonstance si grave, si propre à user l'âme, de l'amende levée jour par jour, je l'ai trouvée dans l'excellente histoire de M. Corbière, Église de Montpellier.[Retour au texte principal.]

Note 15: M. Nicolardot établit cela parfaitement contre l'opinion commune. Ménage et finances de Voltaire, p. 35. Cet ennemi acharné de Voltaire, qui accueille contre lui tous les libelles du temps, a pourtant éclairci fort bien certains points de détail. Chose curieuse: à la fin de ce gros livre si hostile, il donna sans s'en apercevoir ce qui justifie le mieux Voltaire, ce qui explique et fait excuser ses bizarreries: la situation mobile, précaire, où il vécut, la misérable incertitude où il était du lendemain, entre la Bastille et l'exil, les innombrables pseudonymes qu'il était obligé de prendre, les terreurs de ses libraires, la lâcheté des critiques qui tous se mettaient contre lui. Nicolardot, p. 335-347.[Retour au texte principal.]

Note 16: Ce temps de réaction, de décence, est caractérisé par le sacrifice et la mort de la pauvre Aïssé. Fidèle esclave de son indigne maître, jusqu'à sa mort en 1722, fidèle encore à la non moins indigne Fériol (sœur de la Tencin), elle a faibli en 1724 de pure reconnaissance et pour récompenser celui qui l'aima toute sa vie. Mais sa noble nature lui fait craindre de l'épouser; elle ne se croit pas assez pure, elle craindrait de le faire baisser, dans ce retour aux bonnes mœurs. Les grandes dames la troublent, aggravent ses scrupules. Elle languit, elle meurt de ce combat. Elle refuse jusqu'au bout le bonheur. Et elle fait deux infortunés. Ah! quelle fin pathétique, et qu'on en veut à ces prudes qui l'ont tuée! Rien, rien de plus touchant que la terreur du chevalier, en la voyant vers sa fin, la cour humble, tremblante qu'il fait à tout ce qui l'entoure, même aux animaux domestiques, à la vache qui donne du lait à la malade. Cela arrache les larmes.[Retour au texte principal.]

Note 17: J'en excepte un, M. Havet, spécialement dans sa dernière édition, admirable travail, fort et définitif (Commentaire, etc., 1865). MM. Cousin et de Faugère avaient restitué le texte (1843-1844). M. Sainte-Beuve avait marqué d'une main fine et sûre la place de Pascal dans Port-Royal et dans le siècle. Ces illustres critiques regardent pourtant du dehors. Et Havet a vu du dedans. Comment cela? Il tient de son auteur; il a à cœur ces questions, il s'inquiète sérieusement de ces hauts problèmes de la vie humaine. Qu'il commente ou discute, on sent bien qu'il le fait pour lui-même plus que pour le public. Rien qu'en lisant ce commentaire, sans l'avoir vu, on le peindrait, avec sa jeune austérité, cette âpre et virginale candeur, cette exigence ardente de lumière et de justice. Il est intéressant de voir un esprit qui procède surtout de l'antiquité et du siècle de Louis XIV, hors de la mêlée d'aujourd'hui, par l'effet seul du progrès intérieur, et de sa force solitaire, marcher dans l'émancipation.[Retour au texte principal.]

Note 18: «En lisant cette réflexion, je reçois une lettre d'un de mes amis qui demeure dans un pays fort éloigné. «Je suis ici comme vous m'avez laissé, ni plus gai, ni plus triste, ni plus riche, ni plus pauvre, jouissant d'une santé parfaite, ayant tout ce qui rend la vie agréable; sans amour, sans avarice, sans ambition et sans envie. Et tant que cela durera, je m'appellerai hardiment un homme très-heureux.» Plus tard, Voltaire ajoute en note: «Sa lettre est de 1728.» Éd. Beuchot, t. XXXVII, p. 46.[Retour au texte principal.]

Note 19: Nombre de documents récemment publiés nous font connaître Maurice dans le dernier détail. M. Saint-René Taillandier en a tiré une fort belle biographie, savante, curieuse, intéressante (Revue des Deux-Mondes, 1864). Seulement il me semble un peu trop favorable à ce héros de second ordre que la fortune a tant favorisé, exagéré, surfait. Ses Rêveries, tout à la fois pédantesques, excentriques, sont un livre moins que médiocre.[Retour au texte principal.]