Note 8: Madame du Hausset ne date pas. Mais Barbier date très-bien et nous dirige parfaitement. Il dit en décembre 1761: «Depuis un an environ, on a fait connaître au Roi une fille de vingt et un ans, qui a de l'esprit, etc.» Cela nous reporte à décembre 1760. Elle accoucha le 12 janvier 1761; donc, fut enceinte en mars 1760, au moment du plus grand éclat de la Julie imprimée (Barbier, VII, 426).[Retour au texte]
Note 9: Dans ce chapitre je suis partout renseigné, soutenu, par le Calas de M. Coquerel fils, un véritable chef-d'œuvre, auquel on ne peut reprocher qu'un excès de modération. Mais que de choses je supprime, et combien je suis privé de ne pas dire ce que je dois à son oncle, l'auteur des Églises du Désert, à notre savant M. Haag, à notre éloquent Peyrat, à M. Read, au trésor de son Bulletin historique du protestantisme![Retour au texte]
Note 10: Frédéric, si fort, si grave, si juste dans ses jugements, si sévère pour ses amis, dit cela, et je le crois. Le pauvre Paul que l'histoire a de même calomnié, était homme de grand cœur. Il eût voulu réparer, pleura devant Kosciusko.[Retour au texte]
Note 11: Dans l'Histoire de la Pologne des deux Mickiewicz, pleine de faits nouveaux, d'idées grandes et profondes, je trouve une fort bonne note qui éclaire l'affaire obscure des dissidents (p. 433). C'étaient uniquement les calvinistes et luthériens (et non les grecs, alors réunis à l'Église romaine). Les dissidents n'étaient nullement en servitude, comme le disaient la Russie et la Prusse. Ils avaient deux cents églises et la parfaite liberté de culte. Ils occupaient des grades dans l'armée. Mais on les excluait des charges. On leur refusait le droit de voter. Dans un pays sans doute où le veto d'un seul arrêtait tout, il semblait dangereux de faire voter des gens qu'appuyait l'étranger (Mickiewicz, 1866).—J'insiste peu sur cette grande affaire. Elle absorberait mon récit. Et je dois avant tout tenir ferme et serré le fil intérieur de la France.—Pour la même raison, j'ai peu parlé de la suppression des Jésuites, m'en rapportant à tant d'écrits qu'on a faits là-dessus, spécialement à celui d'Alexis de Saint-Priest. Pour bien comprendre la scène principale, celle de l'Espagne (1766), il faut se rappeler ce que j'ai dit dans une note du premier chapitre (1758), pour leur complot sur notre Infante et pour faire croire Charles III bâtard adultérin et fils d'Alberoni.[Retour au texte]
Note 12: Elle était vraiment bonne. Brissot en conte un trait charmant. En 1778, quand Paris et la France s'étouffaient à la porte de Voltaire, Brissot, alors fort inconnu, un pauvre auteur mal mis, n'avait pu pénétrer, s'en allait tête basse. «À ce moment, dit-il, une jeune personne éblouissante sort, voit ma triste mine, s'émeut, me dit: «Monsieur, que vouliez-vous?—Voir M. de Voltaire.—Eh bien, dit-elle, je remonte: j'obtiendrai qu'on vous fasse entrer.»[Retour au texte]
Note 13: MM. de Goncourt ont retrouvé ce nom. Tout ceci chez eux est fort curieux, très-neuf, fondé sur des pièces précieuses, des manuscrits, etc.[Retour au texte]
Note 14: Elle eût fort bien pu l'être. Leurs rapports, sans être complets, pouvaient être féconds; cela se voit souvent. Les trop zélés apologistes de la Reine, pour excuser ses fautes, voudraient nous faire accroire que le Roi était froid pour elle ou impuissant. Baudeau nous précise la chose (juin-juillet 74). Il avait seulement ce qu'ont souvent les plus robustes chez qui les attaches sont fortes. Nombre d'enfants (Mirabeau par exemple) ont un petit obstacle analogue, au frein de la langue; on le coupe pour la délier; souvent aussi cela se délie de soi-même. Il n'en fallait faire tant de bruit. Nous n'en parlerions pas si les gens de la Reine (Campan, etc.) n'avaient adroitement trompé le public là-dessus.[Retour au texte]
Note 15: Les dates ici sont tout. On peut les établir non-seulement par George (I, 302), par Soulavie (III, 179), mais surtout par Baudeau, fort désintéressé, fort instruit, et intime ami d'un ministre qui put lui dire tout (Baudeau, Revue rétrosp., III, 272, etc.).[Retour au texte]
Note 16: Madame de Campan (I, 99) dit crûment l'étrange étiquette, choquante et indécente, qui fut pour la Reine un supplice avec sa première duègne (V. Hyde) et qui en vérité ne pouvait être tolérable qu'avec la créature aimée, l'unique à qui on est bien sûr de ne déplaire jamais.—Les grandes dames, pour ces petits mystères, aimaient à s'élever une enfant aimable et discrète, souvent une demi-demoiselle (V. Sylvine, Staal). Couchée près de l'alcôve dans la toilette intime, brodant, lisant le jour derrière un paravent, elle savait exactement tout. À Vienne, tout passait par ces mignonnes favorites (de qui la Prusse achetait les secrets). Elles étaient de grandes puissances. Le vieux Duval, vivant à Vienne, le savait bien. On voit dans ses Mémoires qu'il ne courtise pas l'Empereur, mais deux femmes de chambre, une sage fille de Marie-Thérèse et une jolie Russe, de celles avec qui la Czarine aimait à folâtrer.—Une gravure allemande, faite à Paris sous Marie-Antoinette, exprime ces mœurs naïvement: le Lever, 1774: Freudsberg invenit; Romanet sculpsit.[Retour au texte]
Note 17: V. S. Simon sur Rose, et ce qu'en dit M. Feuillet de Conches, Revue des Deux Mondes, 13 juillet 1866.[Retour au texte]