[85]: Un moine de Maillezais (Poitou) dit dans sa Chronique: ..... Regnare Francis rex Robertus ferebatur.—Le duc d'Aquitaine, c'était alors (1016) Guillaume de Poitiers, reconnaissait le roi d'Arles pour suzerain.

[86]: Déjà Charles le Chauve, dans la première époque de son règne, ne voyait que par les yeux d'Hincmar. Ce fut encore Hincmar qui dirigea Louis le Bègue et qui fit roi Louis III, comme il s'en vantait lui-même.—Son successeur Foulques fut le protecteur de Charles le Simple en bas-âge. Il le couronna en 893, à l'âge de quatorze ans, traita pour lui avec le roi Arnulf et avec Eudes, et le fit enfin roi en 898.—Après lui, Herivée ramena à Charles le Simple, en 920, ses vassaux révoltés, et raffermit sa royauté chancelante. Seul il vint le défendre avec ses hommes contre l'invasion des Hongrois.—Louis d'Outre-mer fit la guerre à Héribert avec l'archevêque Arnoul, et lui accorda le droit de battre monnaie.

[87]: Arthur Young, Voyage agronomique, t. II de la traduction, p. 189: «La France peut se diviser en trois parties principales, dont la première comprend les vignobles; la seconde, le maïs; la troisième, les oliviers. Ces plants forment les trois districts: 1o du nord, où il n'y a pas de vignobles; 2o du centre, où il n'y a pas de maïs; 3o du midi, où l'on trouve les vignes, les oliviers et le maïs. La ligne de démarcation entre les pays vignobles et ceux où l'on ne cultive pas la vigne, est, comme je l'ai moi-même observé à Coucy, à trois lieues du nord de Soissons; à Clermont dans le Beauvoisis, à Beaumont dans le Maine, et à Herbignai près Guérande, en Bretagne.»—Cette limitation, peut-être trop rigoureuse, est pourtant généralement exacte.

Le tableau suivant des importations dont le règne végétal s'est enrichi en France, donne une haute idée de la variété infinie de sol et de climat qui caractérise notre patrie:

«Le verger de Charlemagne, à Paris, passait pour unique, parce qu'on y voyait des pommiers, des poiriers, des noisetiers, des sorbiers et des châtaigniers. La pomme de terre, qui nourrit aujourd'hui une si grande partie de la population, ne nous est venue du Pérou qu'à la fin du XVIe siècle. Saint Louis nous a apporté la renoncule inodore des plaines de la Syrie. Des ambassadeurs employèrent leur autorité à procurer à la France la renoncule des jardins. C'est à la croisade du trouvère Thibaut, comte de Champagne et de Brie, que Provins doit ses jardins de roses. Constantinople nous a fourni le marronnier d'Inde au commencement du XVIIe siècle. Nous avons longtemps envié à la Turquie, la tulipe, dont nous possédons maintenant neuf cents espèces plus belles que celles des autres pays. L'orme était à peine connu en France avant François Ier, et l'artichaut avant le XVIe siècle. Le mûrier n'a été planté dans nos climats qu'au milieu du XIVe siècle. Fontainebleau est redevable de ses chasselas délicieux à l'île de Chypre. Nous sommes allés chercher le saule pleureur aux environs de Babylone; l'acacia, dans la Virginie le frêne noir et le thuya, au Canada; la belle-de-nuit, au Mexique; l'héliotrope, aux Cordillères; le réséda, en Égypte; le millet altier, en Guinée; le ricin et le micocoulier, en Afrique; la grenadille et le topinambour, au Brésil; la gourde et l'agave, en Amérique; le tabac, au Mexique; l'amomon, à Madère; l'angélique, aux montagnes de la Laponie; l'hémérocalle jaune, en Sibérie; la balsamine dans l'Inde; la tubéreuse, dans l'île de Ceylan; l'épine-vinette et le chou-fleur, dans l'Orient; le raifort, à la Chine; la rhubarbe, en Tartarie; le blé sarrasin, en Grèce; le lin de la Nouvelle-Zélande, dans les terres australes.» Depping, Description de la France, t. I, p. 51.—Voy. aussi de Candolle, sur la Statistique végétale de la France, et A. de Humboldt, Géographie botanique.

[88]: Il a percé bien loin sur une ligne droite, sans regarder à droite ni à gauche; et la première conséquence de cet idéalisme qui semblait donner tout à l'homme, fut, comme on le sait, l'anéantissement de l'homme dans la vision de Malebranche et le panthéisme de Spinosa.

[89]: Ce sont deux faits que je constate. Mais que ne faudrait-il pas ajouter, si l'on voulait rendre justice à ces deux villes, et leur payer tout ce que leur doit la France?

Nantes a encore une originalité qu'il faut signaler: la perpétuité des familles commerçantes, les fortunes lentes et honorables, l'économie et l'esprit de famille; quelque âpreté dans les affaires, parce qu'on veut faire honneur à ses engagements. Les jeunes gens s'y observent, et les mœurs y valent mieux que dans aucune ville maritime.

[90]: Par exemple, dans les clochers penchés, ou découpés en jeux de cartes, ou lourdement étagés de balustrades, qu'on voit à Tréguier et à Landernau; dans la cathédrale tortueuse de Quimper, où le chœur est de travers par rapport à la nef; dans la triple église de Vannes, etc. Saint-Malo n'a pas de cathédrale, malgré ses belles légendes.

[91]: L'auteur était à Saint-Malo au mois de septembre 1831.