[176]: Je ne sais lequel est le plus touchant des plaintes du poète sur les destinées de l'Italie, ou de ses regrets lorsqu'il a perdu Laure. Je ne résiste pas au plaisir de citer ce sonnet admirable où le pauvre vieux poète s'avoue enfin qu'il n'a poursuivi qu'une ombre:
«Je le sens et le respire encore, c'est mon air d'autrefois. Les voilà, les douces collines où naquit la belle lumière, qui tant que le ciel le permit, remplit mes yeux de joie et de désir, et maintenant les gonfle de pleurs.
«Ô fragile espoir! ô folles pensées!... l'herbe est veuve, et troubles sont les ondes. Il est vide et froid, le nid qu'elle occupait, ce nid où j'aurais voulu vivre et mourir!
«J'espérais, sur ses douces traces, j'espérais de ses beaux yeux qui ont consumé mon cœur, quelque repos après tant de fatigues.
«Cruelle, ingrate servitude! j'ai brûlé tant qu'a duré l'objet de mes feux, et aujourd'hui je vais pleurant sa cendre.»
Sonnet CCLXXIX.
[177]: Même esprit critique en Franche-Comté; ainsi Guillaume de Saint-Amour, l'adversaire du mysticisme des ordres mendiants, le grammairien d'Olivet, etc. Si nous voulions citer quelques-uns des plus distingués de nos contemporains, nous pourrions nommer Charles Nodier, Jouffroy et Droz. Cuvier était de Montbéliard; mais le caractère de son génie fut modifié par une éducation allemande.
[178]: On trouve dans les habitudes de langage des Dauphinois, des traces singulières de leur vieil esprit processif. «Les propriétaires qui jouissent de quelque aisance parlent le français d'une manière assez intelligible, mais ils y mêlent souvent les termes de l'ancienne pratique, que le barreau n'ose pas encore abandonner. Avant la Révolution, quand les enfants avaient passé un an ou deux chez un procureur, à mettre au net des exploits et des appointements, leur éducation était faite, et ils retournaient à la charrue.» Champollion-Figeac, patis du Dauphiné, p. 67.
[179]: La petite ville de Sarrelouis, qui compte à peine cinq mille habitants, a fourni en vingt années cinq ou six cents officiers et militaires décorés, presque tous morts au champ de bataille.
[180]: On conserve, au Musée d'artillerie, la riche et galante armure des princesses de la maison de Bouillon.