—À Metz, on promène le jour des Rogations un dragon qu'on nomme le graouilli; les boulangers et les pâtissiers lui mettent sur la langue des petits pains et des gâteaux. C'est la figure d'un monstre dont la ville fut délivrée par son évêque, saint Clément.—À Rouen, c'est un mannequin d'osier, la gargouille, à qui on remplissait autrefois la gueule de petits cochons de lait. Saint Romain avait délivré la ville de ce monstre, qui se tenait dans la Seine, comme saint Marcel délivra Paris du monstre de la Bièvre, etc.

[170]: Le jour de Sainte-Marthe, une jeune fille mène le monstre enchaîné à l'église pour qu'il meure sous l'eau bénite qu'on lui jette.

[171]: Dans les Pyrénées, c'est Renaud, monté sur son bon cheval Bayard, qui délivre une jeune fille des mains des infidèles.

[172]: «Cette ville devient plus déserte chaque jour, et les communes voisines ont perdu, depuis un demi-siècle, neuf dixièmes de leur population.» Fauchet, an IX, loc. cit.

[173]: Dans ses jolies danses mauresques, dans les romérages de ses bourgs, dans les usages de la bûche calendaire, des pois chiches à certaines fêtes, dans tant d'autres coutumes. Millin, III, 346. La fête patronale de chaque village s'appelle Romna-Vagi, et par corruption Romerage, parce qu'elle précédait souvent un voyage de Rome que le seigneur faisait ou faisait faire (?)—Millin, III, 336. C'est à Noël qu'on brûle le caligneau ou calendeau; c'est une grosse bûche de chêne qu'on arrose de vin et d'huile. On criait autrefois en la plaçant: Calene ven, tout ben ven, calende vient, tout va bien. C'est le chef de la famille qui doit mettre le feu à la bûche; la flamme s'appelle caco fuech, feu d'amis. On trouve le même usage en Dauphiné. Champollion-Figeac, p. 124. On appelle chalendes le jour de Noël. De ce mot on a fait chalendat, nom que l'on donne à une grosse bûche que l'on met au feu la veille de Noël au soir, et qui y reste allumée jusqu'à ce qu'elle soit consumée. Dès qu'elle est placée dans le foyer, on répand dessus un verre de vin en faisant le signe de la croix, et c'est ce qu'on appelle: batisa la chalendal. Dès ce moment cette bûche est pour ainsi dire sacrée, et l'on ne peut pas s'asseoir dessus sans risquer d'en être puni, au moins par la gale.—Millin, III, 339. On trouve l'usage de manger des pois chiches à certaines fêtes, non-seulement à Marseille, mais en Italie, en Espagne, à Gênes et à Montpellier. Le peuple de cette dernière ville croit que, lorsque Jésus-Christ entra dans Jérusalem, il traversa une sesierou, un champ de pois chiches, et que c'est en mémoire de ce jour que s'est perpétué l'usage de manger des sesés. À certaines fêtes, les Athéniens mangeaient aussi des pois chiches (aux Panepsies.)

[174]: La procession du bon roi René, à Aix, est une parade dérisoire de la fable, de l'histoire et de la Bible.

Millin, II, 299. On y voit le duc Urbain (le malheureux général du roi René) et la duchesse Urbain, montés sur des ânes; on y voyait une âme que se disputaient deux diables; les chevaux frux ou fringants, en carton; le roi Hérode, la reine de Saba, le Temple de Salomon, et l'étoile des Mages au bout d'un bâton, ainsi que la Mort, l'abbé de la jeunesse couvert de poudre et de rubans, etc., etc.

[175]:

Si comme ad Arli, ove'l Rodano stagna,
Fanno i sepolcri tutto 'l loco varo.

Dante, Inferno. c. IX.