[215]: Urbain IV était fils d'un cordonnier de Troyes. Il y bâtit Saint-Urbain, et fit représenter sur une tapisserie son père faisant des souliers.
[216]: L'ancien type du paysan du nord de la France est l'honnête Jacques, qui pourtant finit par faire la Jacquerie. Le même, considéré comme simple et débonnaire, s'appelle Jeannot; quand il tombe dans un désespoir enfantin, et qu'il devient rageur, il prend le nom de Jocrisse. Enrôlé par la Révolution, il s'est singulièrement déniaisé, quoique sous la Restauration on lui ait rendu le nom de Jean-Jean.—Ces mots divers ne désignent pas des ridicules locaux, comme ceux d'Arlequin, Pantalon, Polichinelle en Italie.—Les noms le plus communément portés par les domestiques, dans la vieille France aristocratique, étaient des noms de province: Lorrain, Picard, et surtout la Brie et Champagne. Le Champenois est en effet le plus disciplinable des provinciaux, quoique sous sa simplicité apparente il y ait beaucoup de malice et d'ironie.
[217]: Passerat et Pithou. L'esprit railleur du nord de la France éclate dans les fêtes populaires.
En Champagne et ailleurs, roi de l'aumône (bourgeois élu pour délivrer deux prisonniers, etc.); roi de l'éteuf (ou de la balle) (Dupin, Deux-Sèvres), roi des Arbalétriers avec ses chevaliers (Cambry, Oise, II); roi des guétifs ou pauvres, encore en 1770 (almanach d'Artois, 1770); roi des rosiers ou des jardiniers, aujourd'hui encore en Normandie, Champagne, Bourgogne, etc.—À Paris, fêtes des sous-diacres ou diacres soûls, qui faisaient un évêque des fous, l'encensaient avec du cuir brûlé; on chantait des chansons obscènes; on mangeait sur l'autel.—À Évreux, le 1er mai, jour de Saint-Vital, c'était la fête des cornards, on se couronnait de feuillages, les prêtres mettaient leur surplis à l'envers, et se jetaient les uns aux autres du son dans les yeux; les sonneurs lançaient des casse-museaux (galettes).—À Beauvais, on promenait une fille et un enfant sur un âne... à la messe, le refrain chanté en chœur était hihan!—À Reims, les chanoines marchaient sur deux files, traînant chacun un hareng, chacun marchant sur le hareng de l'autre...—À Bouchain, fête du prévôt des étourdis; à Châlon-sur-Saône, des guillardons; à Paris, des enfants sans-souci, du régiment de la calotte, et de la confrérie de l'aloyau.—À Dijon, procession de la mère folle.—À Harfleur, au mardi gras, fête de la scie. (Dans les armes du président Cossé-Brissac, il y avait une scie.) Les magistrats baisent les dents de la scie. Deux masques portent le bâton friseux (montants de la scie). Puis on porte le bâton friseux à un époux qui bat sa femme.—Dès le temps de la conquête de Guillaume existait l'association de la chevalerie d'Honfleur.
[218]: Sur la montagne de Langres naquit Diderot. C'est la transition, entre la Bourgogne et la Champagne. Il réunit les deux caractères.
[219]: Cela doit s'entendre, non-seulement du vin, mais de la vigne. Les terres qui donnent le vin de Champagne semblent capricieuses. Les gens du pays assurent que dans une pièce de trois arpents parfaitement semblables, il n'y a souvent que celui du milieu qui donne de bon vin.
[220]: Une terre, qui semée de froment occuperait cinq ou six ménages, occupe quelquefois six ou sept cents personnes, hommes, femmes et enfants, lorsqu'elle est plantée de vignes. On sait combien le vin de Champagne exige de façons.
[221]: La Fontaine dit de lui-même:
Je suis chose légère, et vole à tout sujet,
Je vais de fleur en fleur; et d'objet en objet.
À beaucoup de plaisir je mêle un peu de gloire.
J'irais plus haut peut-être au temple de mémoire,
Si dans un genre seul j'avais usé mes jours;
Mais quoi! je suis volage, en vers comme en amours.
«Le poëte, dit Platon, est chose légère et sacrée.»