«Sedet in cathedra beati Petri mendaciorum magister, faciens se, cum sit omnifario maleficus, Bonifacium nominari.» (Ibid.) «Nec ad ejus excusationem... quod ab aliquibus dicitur post mortem dicti Cœlestini... cardinales in eum denuo consensisse: cum ejus esse conjux non potuerit quam, primo viro vivente, fide digno conjugii, constat per adulterium polluisse.» (Ibid., 57.) «Ut sicut angelus Domini prophetæ Balaam... occurrit gladio evaginato in via, sic dicto pestifero vos evaginato gladio occurrere velitis, ne possit malum perficere populo quod intendit.» (Ibid.)

30—page [71]Réquisitoire de Plasian contre Boniface...

«Moi Guillaume de Plasian, chevalier, je dis, j'avance et j'affirme que Boniface qui occupe maintenant le siège apostolique sera trouvé parfait hérétique, en hérésies, faits énormes et dogmes pervers ci-dessous mentionnés: 1o il ne croit pas à l'immortalité de l'âme; 2o il ne croit pas à la vie éternelle, car il dit qu'il aimerait mieux être chien, âne ou quelque autre brute que Français, ce qu'il ne dirait pas s'il croyait qu'un Français a une âme éternelle.—Il ne croit point à la présence réelle, car il orne plus magnifiquement son trône que l'autel.—Il a dit que pour abaisser le roi et les Français, il bouleverserait tout le monde.—Il a approuvé le livre d'Arnaud de Villeneuve, condamné par l'évêque et l'Université de Paris.—Il s'est fait élever des statues d'argent dans les églises.—Il a un démon familier: car il a dit que si tous les hommes étaient d'un côté et lui seul de l'autre, il ne pourrait se tromper ni en fait ni en droit: cela suppose un art diabolique.—Il a prêché publiquement que le pontife romain ne pouvait commettre de simonie: ce qui est hérétique à dire.—En parfait hérétique qui veut avoir la vraie foi à lui seul, il a appelé Patérins les Français, nation notoirement très chrétienne.—Il est sodomite.—Il a fait tuer plusieurs clercs devant lui, disant à ses gardes s'ils ne les tuaient pas du premier coup: Frappe, frappe; Dali, Dali.—Il a forcé des prêtres à violer le secret de la confession...—Il n'observe ni vigiles ni carême.—Il déprécie le collège des cardinaux, les ordres des moines noirs et blancs, des frères prêcheurs et mineurs, répétant souvent que le monde se perdait par eux, que c'étaient de faux hypocrites, et que rien de bon n'arriverait à qui se confesserait à eux.—Voulant détruire la foi, il a conçu une vieille aversion contre le roi de France, en haine de la foi, parce qu'en la France est et fut toujours la splendeur de la foi, le grand appui et l'exemple de la chrétienté.—Il a tout soulevé contre la maison de France, l'Angleterre, l'Allemagne, confirmant au roi d'Allemagne le titre d'empereur, et publiant qu'il le faisait pour détruire la superbe des Français, qui disaient n'être soumis à personne temporellement: ajoutant qu'ils en avaient menti par la gorge (per gulam), et déclarant que si un ange descendait du ciel et disait qu'ils ne sont soumis ni à lui ni à l'empereur, il serait anathème.—Il a laissé perdre la terre sainte... détournant l'argent destiné à la défendre.—Il est publiquement reconnu simoniaque, bien plus, la source et la base de la simonie, vendant au plus offrant les bénéfices, imposant à l'Église et aux prélats le servage et la taille pour enrichir les siens du patrimoine du Crucifié, en faire marquis, comtes, barons.—Il rompt les mariages.—Il rompt les vœux des religieuses.—Il a dit que dans un peu il ferait de tous les Français des martyrs ou des apostats, etc.» (Dupuy, Diff., Preuves, p. 102-7; cf. 326-346, 350-362.)

31—page [72]L'Université de Paris, les dominicains de la même ville, les mineurs de Touraine, se déclarèrent pour le roi...

En 1295, Boniface les avait affranchis de toute juridiction ecclésiastique, sans craindre le mécontentement du clergé de France. (Bulæus, III, p. 511.) Il n'avait point cessé d'ajouter à leurs privilèges. (Ibid., p. 516, 545.)—Quant à l'Université, Philippe-le-Bel l'avait gagnée par mille prévenances. (Bulæus, III, p. 542, 544.) Aussi elle le soutint dans toutes ses mesures fiscales contre le clergé. Dès le commencement de la lutte, elle se trouvait associée à sa cause par le pape lui-même: «Universitates quæ in his culpabiles fuerint, ecclesiastico supponimus interdicto.» (Bulle Clericis laïcos.) Aussi l'Université se déclare hautement pour le roi: «Appellationi Régis adhæremus supponentes nos... et Universitatem nostram protectioni divinæ et prædicti concilii generalis ac futuri veri et legitimi summi pontificis.» (Dupuy, Preuves, p. 117-118).

32—page [74]Nogaret s'était fait donner des pouvoirs illimités du roi...

«Philippus, Dei gratia... Guillelmo de Nogareto... plenam et liberam tenore præsentium committimus potestatem, ratum habituri et gratum, quidquid factum fuerit in præmissis et ea tangentibus, seu dependentibus ex eisdem...» (Dupuy, Preuves, 175.)