147—page [217]—Ce fut Édouard III qui sur la Table ronde a juré le héron de conquérir la France...
Par devant la roïne, Robert s'agenouilla,
Et dist que le hairon par temps départira,
Mès que chou ait voué que le cuer li dira,
«Vassal, dit la roïne, or ne me parlés jà;
Dame ne peut vouer puis qu'elle seigneur a,
Car s'elle veue riens, son mari pooir a.
Que bien puet rapeller chou qu'elle vouera;
Et honnis soit li corps que jasi pensera,
Devant que mes chiers sires commandé le m'ara.»
Et dist le roy: «Voués, mes cors l'aquittera.
Mes que finer en puisse, mes cors s'en penera;
Voués hardiement, et Dieux vous aidera.»
Adonc, dit la roïne, je sais bien que piecha,
Que suis grosse d'enfant, que mon corps senti là,
Encore n'a il gaires, qu'en mon corps se tourna,
Et je voue, et prometh a Dieu, qui me créa,
Qui nasqui de la Vierge, que ses corps n'enpira,
Et qui mourut en crois, on le crucifia,
Que jà li fruis de moi de mon corps n'istera,
Si m'en arès menée ou païs par delà,
Pour avanchier le veu que vo corps voué a;
Et s'il en voelh isir, quant besoins n'en sera,
D'un grand coutel d'achier li miens corps s'ochira;
Serai m'asme perdue, et li fruis périra.»
Et quand li rois l'entent, moult forment l'en pensa;
Et dist: «Certainement nuls plus ne vouera.»
Li hairons fu partis, la roïne en mengna.
Adonc, quant che fu fait, li rois s'apareilla,
Et fit garnir les nés, la roïne i entra,
Et maint franc chevalier avecques lui mena.
De illoc en Anvers, li rois ne s'arrêta.
Quant outre sont venu, la dame délivra;
D'un beau fils gracieux la dame s'acouka,
Lyon d'Anvers ot non, quant on le baptisa.
Ensi le franque Dame le sien veu acquitta;
Ainsque soient tout fait, main preudomme en morra,
Et maint bon chevalier dolent s'en clamera.
Et mainte preude femme pour lasse s'en tenra.
Adonc parti li cours des Englès par delà.
Chi finent leus veus du hairon.
Ce petit poème se trouve à la fin du tome Ier de Froissart, éd. Dacier-Buchon, p. 420.
148—page [221]—Bataille de Cassel...
«Oncques en l'ost du roy ne feit on guet; et les grands seigneurs alèrent d'une tente en l'autre, pour eux déduire, en leurs belles robes. Or vous dirons des Flamans, qui sur le mont étoient... Si feirent trois grosses batailles les Flamans; et veindrent avalant le mont, au grand pas, devers l'ost du roy: et passèrent tout outre, sans cry ne noise: et fut à l'heure de vespres sonnans... Et les Flamans ne s'atargèrent mie, ains veindrent le pas, pour surprendre le roy en sa tente.» (Froissart, I, c. LXIX, p. 123.—Voy. aussi Cont. de Nangis, p. 90. Oudegherst, c. CLIV, f. 259.)—Je regrette de n'avoir pas eu entre les mains l'important ouvrage de M. Warnkœnig, lorsque j'ai imprimé le récit de la bataille de Courtrai: Histoire de la Flandre et de ses institutions civiles et politiques, jusqu'à l'année 1305, par M. Warnkœnig, traduit de l'allemand par M. Ghueldorf, 1835. Voy. particulièrement au premier volume, quelques circonstances intéressantes qui complètent mon récit.
149—page [222]—Les quatre tours de Vincennes par leurs ponts-levis, vomissaient aux quatre vents...
Les châteaux, comme les églises du moyen âge, comme les cités antiques, sont, je crois, généralement orientés. Voy. mon Histoire romaine et ma Symbolique du droit.