[93]: Euseb., Hist. eccl., V. 37, ap. Gieseler's Kirchengeschichte, I, 139, Πολυθρύλλητον παρὰ τοις αἱρεσιώταις ζἠτημα τὁ πόθεν ἡ κακία;—Tertullian., de Præscr. hæret., c. VII, ibid.: «Eædem materiæ apud hæreticos et philosophos volutantur, iidem retractus implicantur, unde malum et quare? et unde homo et quomodo?»

[94]: S. Hieronym. ad Pammach.: «In libro Περι ἀρχων loquitur:... quod in hoc corpore quasi in carcere sunt animæ relegatæ, et antequam homo fieret in Paradiso, inter rationales creaturas in cœlestibus commoratæ sunt.»—Saint Jérôme lui reproche ensuite d'allégoriser tellement le Paradis, qu'il lui ôte tout caractère historique (quod sic Paradisum allegoriset, ut historiæ auferat veritatem, pro arboribus angelos, pro fluminibus virtutes cœlestes intelligens, totamque Paradisi continentiam tropologica interpretatione subvertat). Ainsi, Origène rend inutile, en donnant une autre explication de l'origine du mal, le dogme du péché originel, et en même temps il en détruit l'histoire. Il en nie la nécessité, puis la réalité.—Il disait aussi que les démons, anges tombés comme les hommes, viendraient à récipiscence, et seraient heureux avec les saints (et cum sanctis ultimo tempore regnaturos). Ainsi cette doctrine, toute stoïcienne, s'efforçait d'établir une exacte proportion entre la faute et la peine; elle rendait l'homme seul responsable; mais la terrible question revenait tout entière: il restait toujours à expliquer comment le mal avait commencé dans une vie antérieure.

[95]: On l'appelait aussi Morgan (môr, mer, dans les langues celtiques).—Il avait eu pour maître l'origéniste Rufin, qui traduisit Origène en latin et publia pour sa défense une véhémente invective contre saint Jérôme. Ainsi Pélage recueille l'héritage d'Origène.

[96]: Saint Augustin.

[97]: Il ne peut y avoir de péché héréditaire, disait Pélage, car c'est la volonté seule qui constitue le péché.

«Quærendum est, peccadum voluntatis an necessitatis est? Si necessitatis est peccatum, non est: si voluntatis, vitari potest.» Donc, ajoutait-t-il, l'homme peut être sans péché; c'est le mot de Théodore de Mopsueste: «Quærendum utrum debeat homo sine peccato esse? Procul dubio debet. Si debet, potest. Si præceptum est, potest.» Origène aussi ne demandait pour la perfection que «la liberté aidée de la loi et de la doctrine.»

[98]: Origène, qui avait nié le péché originel, avait pensé que l'incarnation était une pure allégorie. Du moins on le lui reprochait. Saint Augustin sentit bien la nécessité de cette conséquence. V. le traité: De Nuturâ et Gratiâ.

[99]: Le premier qui tenta cette conciliation difficile, ce fut le moine Jean Cassien, disciple de saint Jean-Chrysostome, et qui plaida près du pape pour le tirer d'exil. Il avança que le premier mouvement vers le bien partait du libre arbitre, et que la grâce venait ensuite l'éclairer et le soutenir; il ne la crut pas, comme saint Augustin, gratuite et prévenante, mais seulement efficace. Il dédia un de ses livres à saint Honorat, qui avait, comme lui, visité la Grèce, et qui fonda Lérins, d'où devaient sortir les plus illustres défenseurs du semi-pélagianisme. La lutte s'engagea bientôt. Saint Prosper d'Aquitaine avait dénoncé à saint Augustin les écrits de Cassien, et tous deux s'étaient associés pour le combattre. Lérins leur opposa Vincent, et ce Faustus qui soutint contre Mamert Claudien la matérialité de l'âme, et qui écrivit, comme Cassien, contre Nestorius, etc. Arles et Marseille inclinaient au semi-pélagianisme. Le peuple d'Arles chassa son évêque, saint Héros, qui poursuivait Pélage, et choisit après lui saint Honorat; à saint Honorat succède saint Hilaire, son parent, qui soutint comme lui les opinions de Cassien, et fut comme lui enterré à Lérins, etc. Gennadius écrivit au IXe siècle l'histoire du semi-pélagianisme.

[100]: En 447, saint Hilaire d'Arles l'oblige de s'asseoir, quoique simple prêtre, entre deux saints évêques, ceux de Fréjus et de Riez.

[101]: Lérins fut fondé par saint Honorat, dans le diocèse d'Antibes, à la fin du IVe siècle. Saint Hilaire d'Arles, et saint Césaire, Sidonius de Clermont, Ennodius du Tésin, Honorat de Marseille, Faustus de Riez, appellent Lérins l'île bienheureuse, la terre des miracles, l'île des Saints (on donna aussi ce nom à l'Irlande), la demeure de ceux qui vivent en Christ, etc.—Lérins avait de grands rapports avec Saint-Victor de Marseille, fondé par Cassien vers 410.—Les deux couvents furent une pépinière de libres penseurs.