(Galfrid, Monemutensis, l. IV.)

[137]: C'est l'histoire d'Adam et Ève, de Samson et Dalila, d'Hercule et Omphale; mais la légende celtique est la plus touchante. M. Quinet l'a reprise et agrandie dans son poème: Merlin l'enchanteur (1860). Ce n'est pas dans une note qu'on peut parler d'un tel livre, l'une des œuvres capitales du siècle.

[138]: Voici la plus populaire des chansons galloises: elle est mêlée d'anglais et de gallois:

Doux est le chant du joyeux barde,
Ar hyd y Nôs (toute la nuit);
Doux le repos des pasteurs fatigués,
Ar hyd y Nôs;
Et pour les cœurs oppressés de chagrin,
Obligés d'emprunter le masque de la joie,
Il y a trève jusqu'au matin,
Ar hyd y Nôs.

(Cambro-Briton, novembre 1819.)

[139]: On couronnait le roi d'Irlande sur une pierre noirâtre, appelée la Pierre du Destin. Elle rendait un son clair, si l'élection était bonne. (Voyez Tolland, p. 138.) D'Iona elle fut transportée dans le comté d'Argyle, puis à Scone, où l'on inaugurait les rois d'Écosse. Édouard Ier la fit placer, en 1300, à Westminster, sous le siége du couronnement. Les Écossais conservent l'oracle suivant: «Le peuple libre de l'Écosse fleurira, si cet oracle n'est point menteur: partout où sera la pierre fatale, il prévaudra par le droit du ciel.» Logan, I, 197.—En Danemark et en Suède, comme dans l'Irlande et l'Écosse, c'était sur une pierre qu'on faisait l'inauguration des chefs.—Id., p. 198. Sur une belle colline verte, aux environs de Lanark, est une pierre creusée de main d'homme, où siégeait Wallace pour conférer avec ses chefs.

[140]: Voir les [Éclaircissements] à la fin du chapitre sur les Bardes.

[141]: Les Tudors ont mis le dragon gallois dans les armes d'Angleterre, que les Stuarts ont ensuite orné du triste chardon de l'Écosse; mais les farouches léopards ne les ont pas admis sur le pied de l'égalité, pas plus que la harpe irlandaise.

[142]: Mémoires de la Société des Antiquaires de Londres.

[143]: Voyez le Cambro-Briton (avec cette épigraphe: Kymri fu, Kymri fud).—Plusieurs lois défendaient aux Irlandais de parler le celtique, et de même aux Gallois, vers 1700.—Cambro-Briton, déc. 1821. Dans les principales écoles galloises, surtout dans le Nord, le gallois, loin d'être encouragé, a été depuis plusieurs années défendu sous peine sévère. Aussi les enfants le parlent incorrectement, n'en connaissent point la grammaire, et sont incapables de l'écrire. Mais il semble que les langues celtiques se soient réfugiées dans les académies. En 1711, le pays de Galles avait soixante-dix ouvrages imprimés dans sa langue; il en a aujourd'hui plus de dix mille. Logan, the Scotish Gaël, 1831.—Le costume n'a pas moins été persécuté que la langue. En 1585, le parlement défendit de paraître aux assemblées en habit irlandais. (Toutefois les Irlandais ont quitté leur costume au milieu du XVIIe siècle, plus aisément que les highlanders d'Écosse.)—On lit dans un journal écossais, de 1750, qu'un meurtrier fut acquitté parce que sa victime portait la tartane.