Établissons-nous avec lui au bureau des subsistances, à la Grève, au grand combat.
La Commune était divisée. Hébert s’en occupait peu, était tout dans son journal de colère et de menaces, qui ne parlait que de sang, de nul remède applicable. Chaumette et autres, promettaient des terres au peuple, mais c’étaient choses d’avenir. Jacques Roux et les Lyonnais, arrivés de Lyon, qui s’unirent à lui, voulaient qu’on fît, comme à Lyon, comme en une place assiégée, qu’on obligeât les fermiers des départements voisins à apporter leurs denrées, à remplir des magasins publics ; l’État les aurait payées et vendues, livrées au peuple. Les Comités gouvernants s’effrayèrent. Robespierre fit une guerre terrible, implacable, à Roux, le fit rayer des Cordeliers, employa contre lui Hébert, c’est-à-dire contre la Commune il employa la Commune.
En empêchant Roux de faire, il ne faisait rien lui-même. L’inaction des Comités dura trois mois ! Et l’ennemi approchait, Paris se mourait. Roux alla à l’Assemblée dénoncer l’inertie du gouvernement. Le bureau des subsistances, Babeuf, Garin, etc., assiégé et aux abois, prit un parti violent ; ce fut de dire ce que le peuple disait, que les Comités, leur ministre, voulaient affamer Paris. Le ministre, c’était le phraseur Garat, vrai paralytique, et l’âme des Comités, c’était Robespierre, qui à ce moment, louvoyait, pour rien ne voulait agir.
Le réveil eut lieu en août. Pour le dehors, pour les armées, on prit Carnot, grand travailleur. Pour l’intérieur, Robert Lindet gouverna les subsistances ; il demanda (justement ce qu’on demandait) qu’à l’avenir Paris fût approvisionné, comme les villes assiégées, par réquisitions.
En attendant, la faim, la rage du peuple faisait craindre un massacre. L’insolence des royalistes déjà triomphants provoquait. On fit la loi des suspects, la razzia de royalistes qui combla toutes les prisons, mais prévint un 2 Septembre.
En calmant ainsi le peuple, les Comités purent frapper ceux qui les avaient accusés. Le chef d’une commission nommée pour l’accusation périt (comme modéré !). Contre Roux, contre Babeuf, on employa le moyen dont usent toutes les polices. C’est de s’écrier : Au voleur ! Roux indigné se poignarda ; Babeuf, mis à l’Abbaye, et ne sachant pas pourquoi, apprit que ses ennemis d’Amiens, profitant de son absence, l’avaient condamné pour faux !
Ainsi en Roux, en Babeuf, la Commune était frappée. Elle allait l’être en Chaumette. En novembre, Robespierre, armé contre elle de son armée Jacobine, fit décider : premièrement, que les comités révolutionnaires des sections ne rendraient pas compte à la Commune des arrestations qu’ils faisaient ; deuxièmement, que les églises ne seraient pas (comme Cambon et Chaumette l’avaient fait décréter) affectées à la bienfaisance publique, ce qui les eût ôtées au culte.
Avant cette opposition de Robespierre à la Commune, elle avait voulu exploiter les riches matériaux des églises, par exemple vendre l’immense couverture de Notre-Dame, dont le plomb eût fait des balles, ou (vendu) fait de l’argent. Un homme se présenta, un grand acquéreur de biens nationaux ; un seul soumissionna.
C’était Saint-Simon.