[68] Voy. Del Rio, Llorente, Ricci, etc.
[69] Esprit de Bosroger, p. 135.
[70] C'était l'usage encore; voir Mabillon.
[71] Il était trop facile de tromper celles qui désiraient l'être. Le célibat était alors plus difficile qu'au Moyen-âge, les jeûnes, les saignées monastiques ayant diminué. Beaucoup mouraient de cette vie cruellement inactive et de pléthore nerveuse. Elles ne cachaient guère leur martyre, le disaient à leurs sœurs, à leur confesseur, à la Vierge. Chose touchante, bien plus que ridicule, et digne de pitié. On lit dans un registre d'une inquisition d'Italie cet aveu d'une religieuse; elle disait innocemment à la Madone: «De grâce, Sainte Vierge, donnez-moi quelqu'un avec qui je puisse pécher» (dans Lasteyrie, Confession, p. 205). Embarras réel pour le directeur, qui, quel que fût son âge, était en péril. On sait l'histoire d'un certain couvent russe: un homme qui y entra n'en sortit pas vivant. Chez les nôtres, le directeur entrait et devait entrer tous les jours. Elles croyaient communément qu'un saint ne peut que sanctifier, et qu'un être pur purifie. Le peuple les appelait en riant les sanctifiées. (L'Estoile.) Cette croyance était fort sérieuse dans les cloîtres. (Voy. le capucin Esprit de Bosroger, ch. XI, p. 156.)
[72] Je ne connais aucun livre plus important, plus terrible, plus digne d'être réimprimé (Bibl. imp., Z, ancien 1016). C'est l'histoire la plus forte en ce genre.—La Piété affligée, du capucin Esprit de Bosroger, est un livre immortel dans les annales de la bêtise humaine. J'en ai tiré, au chapitre précédent, des choses surprenantes qui pouvaient le faire brûler; mais je me suis gardé de copier les libertés amoureuses que l'ange Gabriel y prend avec la Vierge, ses baisers de colombe, etc.—Les deux admirables pamphlets du vaillant chirurgien Yvelin sont à la Bibliothèque de Sainte-Geneviève. L'Examen et l'Apologie se trouvent dans un volume relié et mal intitulé: Éloges de Richelieu (Lettre X, 550). L'Apologie s'y trouve en double au volume Z, 899.
[73] Voy. Floquet, Parl. de Normandie, t. V, p. 636.
[74] Je ne prends pas la Voisin pour sorcière, ni pour sabbat la contrefaçon qu'elle en faisait pour amuser des grands seigneurs blasés, Luxembourg et Vendôme, son disciple, et les effrontées Mazarines. Des prêtres scélérats, associés à la Voisin, leur disaient secrètement la Messe noire, et plus obscène certainement qu'elle n'avait pu être jadis devant tout un peuple. Dans une misérable victime, autel vivant, on piloriait la nature. Une femme livrée à la risée! horreur!... jouet bien moins des hommes encore que de la cruauté des femmes, d'une Bouillon, insolente, effrénée, ou de la noire Olympe, profonde en crimes et docteur en poisons (1681).
[75] La stérilité va toujours croissant dans le dix-septième siècle, spécialement dans les familles rangées, réglées à la stricte mesure du confessionnal. Prenez même les jansénistes. Suivez les Arnauld; voici leur décroissance: d'abord vingt enfants, quinze enfants; puis cinq! et enfin plus d'enfant. Cette race énergique (et mêlée aux vaillants Colbert) finit-elle par énervation? Non. Elle s'est resserrée peu à peu pour faire un aîné riche, un grand seigneur et un ministre. Elle y arrive et meurt de son ambitieuse prudence, certainement autorisée.
[76] Exemple. Le noble chapitre des chanoines de Pignan, qui avait l'honneur d'être représenté aux états de Provence, ne tenait pas moins fièrement à la possession publique des religieuses du pays. Ils étaient seize chanoines. La prévôté, en une seule année, reçut des nonnes seize déclarations de grossesse. (Histoire manuscrite de Besse, par M. Renoux, communiquée par M. Th.). Cette publicité avait cela de bon que le crime monastique, l'infanticide dut être moins commun. Les religieuses, soumises à ce qu'elles considéraient comme une charge de leur état, au prix d'une petite honte, étaient humaines et bonnes mères. Elles sauvaient du moins leurs enfants. Celles de Pignan les mettaient en nourrice chez les paysans, qui les adoptaient, s'en servaient, les élevaient avec les leurs. Ainsi nombre d'agriculteurs sont connus aujourd'hui même pour enfants de la noblesse ecclésiastique de Provence.
[77] Garinet, 314.