Les revers font beaucoup. Un échec dans le monde ramène à l'intérieur. Parfois la brillante étourdie, moins coupable que vaine, vrai papillon, brûle son aile au premier vol, retombe. Elle sent bien alors où est son ami sûr. La tendresse indulgente émeut profondément. Un vif réveil du cœur a lieu, le plus tendre retour au doux foyer, à l'enfant, au bonheur.
«Assez! assez du monde! qu'on ne m'en parle plus!... Je reprends mon enfant. À nous de l'élever. Je ne peux pas le voir en larmes tous les jours au retour de l'école. Je serai son école, son précepteur et tout.»
Mais, ma chère, songez-y. L'éducation exige de la suite. Vous voudrez bien deux jours, puis vous vous lasserez?...
«Moi! jamais!»
Dans cet excès de zèle, il n'en obtiendra qu'avec peine, mais (il le faut) il obtiendra qu'elle partage avec l'école, que l'enfant absent quelques heures, et rentrant plusieurs fois par jour, ait en elle un répétiteur, qui aide, adoucisse les choses, simplifie les difficultés.
Sais-tu bien à quoi tu t'engages?... S'il te reste le soir, adieu les salons! les spectacles!...
«Oh! mon spectacle est mon enfant!... c'est ma joie, ma gaieté, ma divine comédie.»
«Eh bien! c'est ton affaire. Pour moi, cela m'arrange. Fatigué tout le jour, j'aime assez le repos du soir.»
Quel heureux changement pour le mari! Quel affranchissement! Combien sa vie, son travail gagneront! Je suppose un véritable homme, occupé, sérieux, qui marche vers un but. Les salons servent peu. Le gaspillage immense de temps et de paroles qu'on fait le soir, énerve pour la journée du lendemain. Qui ne voit en toute grande ville des galériens qu'on nomme des maris, traînés constamment en soirées. Ils expient rudement la faute d'avoir épousé une femme dotée, orgueilleuse et mondaine, qui les force de travailler double. Le jour aux affaires, la nuit au monde, et jamais de repos. Tel, un avoué que je connais, parle ou écrit dix heures par jour. Il finit au moment où sa femme, levée fort tard, achève sa toilette. Allons, vite au bal! Partons!... Il peut commander son tombeau.
L'homme est un animal diurne. La vie nocturne du chat ou du hibou le tue, ou le rend imbécile.