Dans ce cœur même et cette foi, je trouvais des choses respectables et antiques qui réclamaient... des amitiés, derniers obstacles qui ne m'ont pas arrêté devant la patrie en péril... Qu'elle accepte ce sacrifice! Ce que j'ai en ce monde, mes amitiés, je les lui offre, et, pour donner à la Patrie le beau nom que trouva l'ancienne France, je les dépose à l'autel de la grande Amitié.
FIN DU PEUPLE.
NOS FILS
INTRODUCTION
De la situation.—Du principe moderne.—Actualité de ce livre.
Depuis le 24 mai, la parole est aux événements. Nous sommes embarqués. Le vaisseau est en mer. Rien ne l'arrêtera. Est-ce encore le temps des discours?
C'est le temps de bien regarder devant soi, et de voir la route. Il ne faut pas, comme en Juillet, en Février, heurter tant d'écueils sous-marins. Nous serons plus heureux. Je n'augure pas trop mal de la navigation. J'y vois déjà trois choses:
La guerre était possible le 23 mai, le 25 impossible. Nous avons coupé court, évité ce malheur immense. Le monde doit reconnaître cela et nous bénir. Il allait nager dans le sang. La guerre c'était la nuit. Elle eût fait les ténèbres, embrouillé tout, comme au temps de nos pères qui luttèrent à la fois au dehors, au dedans. Aujourd'hui l'affaire est plus simple. Si nous nous disputons, ce sera en plein jour, sans panique nocturne et sans malentendu.
Et déjà le bon sens des masses tranche la question qui nous eût divisés, et la plus dangereuse. Des millions d'ouvriers (tous ici, et presque tous en Allemagne) ont dit: «La liberté avant tout, et surtout. C'est la première des réformes sociales.» Donc, le grand piège est évité, le bon tyran, le socialisme de César.
Cette fois nous ne verrons pas réussir l'autre embûche, l'Arbre de liberté béni du Sacré-Cœur. Les élections éloquentes de Paris, de Toulouse, etc., montrent suffisamment qu'on comprend aujourd'hui ce qu'en vain nous disions aux nôtres en Février, la funeste unité des deux autorités, l'identité des deux tyrans.
Nous sommes bien moins qu'en Février crédules et chimériques. La vue s'est éclaircie. On n'entend plus des fous humanitaires crier: «Vive le monde! Supprimons la Patrie!» Nombre de questions sont décidément écartées, d'autres remises à demain. Savoir ce qui est d'aujourd'hui, ce qui est de demain, c'est le vrai sens pratique dans les révolutions.