Presque tous les députés paysans adoptent cette proposition.
(Adoption fort prudente, selon nous. L’arpentage d’une mesure de terre est chose simple et sans conteste. Mais l’appréciation du dixième du produit est chose fort délicate, susceptible de chicane, et qui eût fait encore intervenir l’autorité entre le propriétaire et le paysan.)
DEUXIÈME SÉANCE.—11 AOUT 1848.
A la fin de la première séance, le président avait lu l’ordre du jour de la deuxième.
Le paysan est-il libre de son travail?
Le paysan est-il libre sur la propriété?
Les assistants s’écrient que cela ne fait aucun doute.
Le président de la séance, M. Racovitza, dit qu’on ne peut discuter, attendu que tous les membres ne sont pas présents. On annonce que, dans un district, les propriétaires, ne reconnaissant point la Révolution, n’ont voulu ni s’assembler, ni élire un député. Le président se retire.
L’assemblée ne se sépare point. Elle reste dans un profond silence. M. Jonesco croit devoir passer outre, et dit:—Messieurs, il faut ouvrir la voie à la discussion, lui poser son principe: «La propriété est sacrée, parce qu’elle est le produit du travail. Le travail est sacré, par ce qu’il est la sueur du travailleur.» Ce principe est reconnu même par l’ancien Règlement, dont les lois, faites par les seuls boyards, sont restées inconnues aux paysans.
—Rien n’est plus vrai! s’écrient tous les députés paysans.