Il rectifie ensuite ses réponses, habilement défigurées, mutilées, pâlies dans le Moniteur. Il n'y en a pas qui ne soit frappée au coin des répliques qu'on lit dans les dialogues serrés de Corneille.

«Qui vous inspira tant de haine?—Je n'avais pas besoin de la haine des autres, j'avais assez de la mienne.»

«Cet acte a dû vous être suggéré?—On exécute mal ce qu'on n'a pas conçu soi-même.»

«Que haïssiez-vous en lui?—Ses crimes.»

«Qu'entendez-vous par là?—Les ravages de la France.»

«Qu'espériez-vous en le tuant?—Rendre la paix à mon pays.»

«Croyez-vous donc avoir tué tous les Marat?—Celui-là mort, les autres auront peur, peut-être.»

«Depuis quand aviez-vous formé ce dessein?—Depuis le 31 mai, où l'on arrêta ici les représentants du peuple.»

Le président, après une déposition qui la charge:

«Que répondez-vous à cela?—Rien, sinon que j'ai réussi.»