Point de vue nullement contraire, mais symétriquement opposé.

Celui-ci, autant que possible, ne cherchant que l'oiseau dans l'oiseau, évite l'analogie humaine. Sauf deux chapitres, il est écrit comme si l'oiseau était seul, comme si l'homme n'eût existé jamais.

L'homme! Nous le rencontrions déjà suffisamment ailleurs. Ici, au contraire, nous voulions un alibi au monde humain, la profonde solitude et le désert des anciens jours.

(Page )L'homme n'eût pas vécu sans l'oiseau, qui seul a pu le sauver de l'insecte et du reptile; mais l'oiseau eût vécu sans l'homme.

L'homme de plus, l'homme de moins, l'aigle régnerait également sur son trône des Alpes. L'hirondelle ne ferait pas moins sa migration annuelle. La frégate, non observée, planerait du même vol sur l'Océan solitaire. Sans attendre d'auditeur humain, le rossignol dans la forêt, avec plus de sécurité, chanterait son hymne sublime. Pour qui? Pour celle qu'il aime, pour sa couvée, pour la forêt, pour lui-même enfin, qui est son plus délicat auditeur.


Une autre différence entre ce livre et celui de Toussenel, c'est que tout harmonien qu'il est et disciple du pacifique Fourier, il n'en est pas moins un chasseur. La vocation militaire du lorrain éclate partout.

Ce livre-ci, au contraire, est un livre de paix, écrit précisément en haine de la chasse.

(Page )La chasse à l'aigle et au lion, d'accord; mais point de chasse aux faibles.

La foi religieuse que nous avons au cœur et que nous enseignons ici, c'est que l'homme pacifiquement ralliera toute la terre, qu'il s'apercevra peu à peu que tout animal adopté, amené à l'état domestique, ou du moins au degré d'amitié ou de voisinage dont sa nature est susceptible, lui sera cent fois plus utile qu'il ne pourrait l'être égorgé.