La ligne était jetée, la femme à moustaches mordrait-elle à l'hameçon? L'artiste pensa que la présence d'Athalie pourrait le gêner pour continuer ses petites manœuvres matrimoniales et, suivant son habitude quand il voulait l'éloigner, il l'envoya étudier son piano.
—Il faut le marier! répéta-t-il dès qu'elle eut disparu.
—Oui, il n'y a que cela pour faire se ranger un jeune homme, ajouta la mère.
—J'y ai bien pensé, répondit la tante; mais il n'est guère mariable.
—Il aime la vie de garçon, c'est de son âge; mais l'amour peut changer ses idées.
—Changer ses idées?... Changer ses maîtresses, oui, trois par semaine, autant que de chemises. Parbleu! le marier; je ne demande pas mieux... ça ne serait pas difficile; je ne tiens pas à la fortune; la jeune fille n'aurait pas un sou de dot, ça me serait égal.
—Ah! vous avez bien raison, s'écrièrent les deux époux.
Mademoiselle Piédevache continua:
—Je donnerai à mon neveu une dot suffisante pour qu'il puisse se marier à son goût, par amour, à condition cependant que l'absence de fortune de la demoiselle sera compensée par l'honneur, pour lui, d'entrer dans une famille distinguée.
Madame Jujube jeta une sonde: