Bengali eut un mouvement de joie.—Non? fit-il. Puis il ajouta tristement.—C'est pour bientôt, alors, dans quelques jours.

—Je ne sais ce que vous voulez me dire; je n'ai aucun projet de mariage.

—Comment! s'écria l'amoureux jeune homme, tout ému... mais M. Marocain m'a annoncé lui-même....

Georgette comprit; elle se rappela le danger que sa marraine et Marocain lui avaient montré, son changement de domicile pour dérouter l'homme qui voulait la séduire:—M. Marocain, dit-elle alors, nous avait aperçus causant ensemble un soir que vous m'aviez accostée, et j'avais fui à son approche; le lendemain je lui ai fait connaître, ainsi qu'à ma marraine, dans quelles circonstances je vous avais connu et comment je me trouvais causant avec vous; les intentions qu'on vous prêtait, j'y croyais avant le dernier langage que vous m'avez tenu; après vos déclarations si formelles, je protestai contre l'accusation dont vous étiez l'objet et déclarai vos intentions véritables; on a attendu la démarche que vous deviez faire....

Bengali balbutia des allégations d'empêchements qui avaient retardé cette démarche, retardé seulement.

—Voilà pourquoi, interrompit la jeune fille, le mari de ma marraine vous a dit que j'étais sur le point de me marier, pensant, ainsi, mettre fin à vos obsessions.

—Je vous jure... s'écria Bengali.

Georgette l'interrompit de nouveau.

—Ce n'est pas, dit-elle, le moment de parler de cela; qui sait le sort que ce combat vous réserve?... et c'est pour moi, ajouta-t-elle, la voix étranglée par l'émotion.

Bengali lui saisit la main; elle la retira vivement: