—Oh! dépêche-toi, papa! ajouta-t-elle.

—Tu vas voir qu'il se justifie, dit madame Jujube.

Enfin, la lettre fut dégagée de sa prison, ouverte, et Jujube en donna lecture, à la grande impatience d'Athalie qui attendait toujours ce qui ne venait jamais.

Dans cette lettre, Bengali expliquait que le départ d'un ami pour Monaco, le jour même ou le médecin avait ordonné Nice comme lieu de convalescence, l'avait obligé à partir immédiatement, la société d'un compagnon de voyage pouvant lui être d'un grand secours.

—Ah! je te le disais bien, papa; et après, qu'est-ce qu'il y a?

Il y avait une relation du voyage, la mention des arrêts dans les principales villes du trajet, arrêts nécessités par le besoin de repos, la description de Lyon, de Marseille, de sa Canebière, de son port, etc., etc., puis la description de Nice où les orangers poussent en pleine terre, des renseignements sur Monaco dont on aperçoit les remparts et où le chemin de fer conduit en une demi-heure. Enfin la lettre se termina par les saluts d'usage, suivis de—mille choses à ces dames.

Cette lecture finie, Jujube regarda Athalie qui était terrifiée:

—Voilà! dit-il amèrement:—mille choses à ces dames... drôle... polisson... il attend huit jours pour nous dire cela... mille choses à ces dames!

—Mais, papa, risqua timidement et sans conviction la pauvre fille, il ne peut pas nous dire autre chose dans une première lettre; écris-lui, il répondra, et cette fois....

—Lui écrire! où? il ne donne même pas l'adresse de son hôtel.