Et malgré cet enthousiasme qu'elle partageait avec son père et sa mère, malgré sa joie de revoir près d'elle l'homme qui devait être son mari, Athalie ne pouvait ne pas remarquer son air rêveur, ses sourires de complaisance et son peu d'empressement auprès d'elle. Mademoiselle Piédevache à qui, non plus, n'avait pas échappé la contrainte de son neveu et qui en connaissait les causes, dit:
—Ce pauvre enfant est encore un peu souffrant, il n'a pas retrouvé cette gaîté que vous lui connaissez, et puis le mariage doit rendre sérieux.
Sur ce, elle jugea à propos de ne pas prolonger une situation embarrassante:
—Allons, je l'emmène, dit-elle; à demain.
Puis à Bengali:
—Embrasse ta fiancée et partons.
Et, dans son soulagement causé par le départ, Bengali trouva, dans le baiser d'adieu, une conviction qu'Athalie put prendre pour de la tendresse.