—Oh! avec bonheur, s'écria le jeune homme, en lui couvrant les joues de baisers.
—Allons, dit-elle, ce sont des baisers de bonne amitié.... Au revoir!
Et Athalie, remontée dans sa voiture, versa un torrent de larmes.
XIX
LES JEUX DE L'AMOUR ET DE LA PHARMACIE
Ce jour-là même, M. Quatpuces avait décidé de se rendre à l'invitation de Jujube, sans la moindre disposition au dépit que son hôte croyait lui causer; aux théories de Jujube sur le mariage, théories dans lesquelles il n'avait pas vu d'allusions à son endroit, notre savant avait fait des réponses que Jujube avait interprétées à sa façon; la vérité est que Quatpuces était un célibataire volontaire, encroûté dans son indépendance et adonné à peu près tout à la science.
Il acceptait d'ailleurs avec plaisir les invitations, aimait les bons repas de famille que, comme garçon, il n'était pas tenu de rendre; mais, pas pique-assiette du tout, il ne manquait jamais d'apporter à la maîtresse de maison un magnifique bouquet et répondait ainsi à la politesse qu'il recevait.
Une seule chose le préoccupait: son estomac un peu délabré; mais dans ses études scientifiques, il avait trouvé qu'autrefois, aux environs de Carthage, des médecins carthaginois avaient découvert certaines plantes qui vous refaisaient un estomac d'une vigueur à lutter avec celui des autruches; il s'était fait envoyer de ces plantes par un correspondant d'une académie à laquelle lui-même appartenait et les avait fait distiller, préparer selon la formule antique, par un pharmacien qui devait, du tout, composer un élixir merveilleux.
Ce pharmacien, c'était celui dont Pistache devait acheter l'officine, et Quatpuces s'était adressé à lui sur la recommandation des dames Jujube.