—Ah! oui, des imitations; vous avez raison.

Pistache courut tout joyeux annoncer à la société que son ami Bengali allait faire des imitations très drôles.

Cette bonne nouvelle fut accueillie par des bravos, pendant que Bengali se disait:—Je les attends au dernier tour.

Il s'avança au milieu du salon et, après s'être incliné devant les joyeux battements de mains avec lesquels il fut accueilli, il demanda une bouteille vide et un tire-bouchon. La bonne apporta les deux objets; il plaça, alors, la bouteille entre ses jambes, fit tourner le tire-bouchon dans le goulot vide, puis feignant de tirer, avec des efforts comiques et une torsion de bouche qui mirent tout le monde en belle humeur, le bouchon absent, il imita, avec sa bouche, le floc retentissant, causé par la sortie pénible d'un bouchon trop serré.

Des bravos unanimes accueillirent cette onomatopée saisissante.

Après ce tour, notre farceur demanda un tabouret de cuisine; il le déposa les pieds en l'air, fit le geste de prendre, à terre, une grosse bûche, mima le vacillement causé par l'enlèvement d'un lourd fardeau, plaça censé la bûche entre les pieds du tabouret, mit son pied dessus, comme pour l'assujettir; puis, saisissant des deux mains une scie imaginaire et en présentant la lame au milieu de la bûche supposée, il imita le bruit de la scie, aux rires fous et aux battements de mains de l'assemblée en délire.

—Monsieur, demande Quatpuces, est-ce que vous pourriez imiter un timbre de pendule?

—J'imite tous les timbres, monsieur, répondit-il, même les timbres-poste.

Tout le monde rit excepté le questionneur qui, comme Caton, son modèle, n'a jamais ri.

Quant à l'intelligente Athalie, elle demanda comment on pouvait bien imiter un timbre-poste.