Georgette ne le laissa pas achever:

—Adieu, monsieur, dit-elle... et elle disparut dans l'allée de sa maison, laissant l'amoureux tout déconcerté:—C'est une vertu, se dit-il; puis, après réflexion:—Une vertu!... Je dis ça parce que.... Mais ça n'est pas une raison....

Tirant alors son carnet, il lut le numéro de la maison, l'inscrivit, ainsi que le nom de la rue et s'éloigna en murmurant:

—La vertu! ce n'est qu'un mot, a dit Caton; il faudra voir.... Je m'y suis mal pris.

Le lendemain, il alla guetter Georgette, l'aborda sous prétexte de s'informer si son séjour sous la porte cochère, après avoir reçu l'averse, ne lui avait pas causé un refroidissement et une indisposition; puis s'extasiant sur sa fraîcheur et sa belle mine de santé, il reconnut en riant l'inutilité de sa question; il revint alors sur sa propre justification.

—Vous m'avez bien mal jugé, lui dit-il, et malgré la défense de la jeune fille, il l'accompagna jusqu'à sa porte en la faisant rire par ses propos. Cette fois encore, elle opposa un refus formel à sa demande de monter chez elle.

Plusieurs jours de suite, il fit les mêmes et vaines tentatives et Georgette le menaça même de le signaler à des gardiens de la paix, s'il persistait à l'accoster et à la suivre.

Le jour suivant, elle le trouva encore sur son chemin; elle tourna la tête et passa sur le trottoir opposé; il exécuta la même évolution et aborda la jeune fille.

—Oh! monsieur, fit-elle, avec un mouvement d'humeur, je vous ai prié de me laisser tranquille....

—Un seul mot, mademoiselle, et je vous jure de vous obéir, si, après m'avoir entendu, vous m'ordonnez encore de vous fuir.