—Je le ferai causer à ce sujet, sur ses idées, en général... et avant de le faire s'expliquer sur ses sentiments pour toi.

—C'est ça, maman, et puis il faudrait savoir aussi, avant de le faire parler, si papa voudrait.

Si papa consentirait! toute l'affaire était là.—Parle-lui-en, maman, dit Athalie.—Lui en parler... nettement... non, répondit la mère, mais en causant avec lui je mettrai la conversation sur le chapitre du mariage; alors je prononcerai d'un air indifférent le nom de M. Pistache. Selon ce que dira ton père, je verrai si je dois aborder la question ou attendre, et le préparer peu à peu à l'idée de cette alliance.

La bonne entra:—C'est mademoiselle Georgette, dit-elle, qui demande si ces dames peuvent la recevoir.

Au nom de son amie, Athalie, sans attendre la réponse de sa mère, s'était élancée vers la porte.

—Mais entrez donc! cria-t-elle avec effusion, est-ce que vous avez besoin de permission? Et embrassant la jeune fille:—Vous êtes toujours la bienvenue ici. Oh! que je suis contente de vous voir.

—Chère amie! répondit Georgette en lui sautant au cou.

—Nous avons parlé de vous, l'autre jour, à propos de Monsieur Marocain, que mon mari avait rencontré, dit madame Jujube en embrassant à son tour Georgette.

—Monsieur Marocain me l'a dit, madame; il m'a même répété ce que M. Jujubès lui avait dit des sentiments de cette chère Athalie pour moi; j'ai les mêmes pour elle, je vous assure.

Madame Jujube continua:—Il paraît que vous avez beaucoup d'ouvrage.