—Pourquoi?
—Parce qu'ils ont voulu combattre pour la liberté, dit tout bas le voisin. Et prenant son chapeau il sortit en jetant un regard de défi à l'assemblé, qui n'y fit pas la moindre attention.
Eusèbe Martin sortit à son tour.
Il n'avait pas passé la porte qu'il entendit le garçon s'écrier:
—En voilà un toqué, par exemple!
Sans s'inquiéter de cette insulte dont il ne saisissait pas le sens, il fut s'asseoir sur un des bancs du boulevard du Temple. Ce qu'il pensa nul ne pourrait le dire, mais lorsque deux heures après il se leva, on aurait pu l'entendre murmurer:
—L'on élève des monuments à la mémoire des citoyens morts pour la liberté et l'on chasse ceux qui veulent combattre pour elle. Cela ne me paraît pas logique, à moins pourtant qu'il n'y ait deux libertés différentes, une bonne et une mauvaise.