II
LES DIAMANTS DE LA REINE ISABELLE

Un grand bruit dans le monde féminin élégant.

La reine d'Espagne fait sa petite vente de diamants.

Il y en a, dit-on, pour une douzaine de millions.

C'est en Angleterre que ces précieuses pierres vont, comme dit le cliché no 117, affronter le feu des enchères.

Les commissaires de la rue Drouot ne sont pas contents.

C'est un beau million de bénéfices qui leur passe devant le... marteau.

C'est aussi un petit échec pour Paris. Paris n'est plus la capitale reine du monde, et c'est bien sa faute.

L'argent ne manque pas, il y a assez de millionnaires, d'étrangers et de jolies femmes pour enlever les diamants de la reine dans une matinée; mais il est probable, pourtant, que la vente y eût été mauvaise par ce seul fait que peu de gens oseraient acheter ostensiblement pour un million de diamants. Ce ne serait certainement pas par timidité, que les amateurs manqueraient un pareil achat; mais la plupart des millionnaires ne sont pas rassurés sur la marche de la décentralisation, et ils craindraient une forte baisse sur les pierreries dans le cas peu probable où Belleville deviendrait la capitale de la France.