Cette vente fait penser tout naturellement à cette fameuse reine d'Espagne mise à la scène d'une façon si curieuse, si spirituelle et si invraisemblable, par Scribe dans son opéra-comique des Diamants de la couronne; vous savez cette reine qui s'en va tranquillement dans la caverne des faux monnayeurs chanter des boléros dans l'intérêt de l'État et de sa dynastie.

Quel malheur que la bonne reine Isabelle ne puisse suivre ce pittoresque exemple!

Il est vrai qu'il ne s'agit pas le moins du monde des diamants de la couronne, comme ne manqueront pas de dire les sots, mais bien de diamants particuliers.

On s'est fort étonné que la reine catholique, qui est fort riche, se soit décidée à ce sacrifice. Une minute de réflexion suffit pour faire comprendre qu'une reine exilée ne peut laisser une pareille fortune en friche.

Les diamants sont encore plus chers à entretenir que les femmes auxquelles on les donne ou à qui on les offre, deux actes bien différents.

Ils ne mangent pas comme des chevaux à l'écurie, sans doute ils n'exigent ni réparation ni loyer, mais ils n'en sont pas moins coûteux.

Voici, par exemple, des diamants qui représentent plus de 600,000 fr. de rentes. En admettant que la reine les regarde une fois par mois pendant cinq minutes, ce plaisir qui, après tout, n'a rien d'excessif, lui coûte 50,000 fr., soit 10,000 fr. par minute.

C'est raide, comme on dit dans le demi-monde.