III
Il est difficile de parler de diamants sans se souvenir du duc de Brunswick. Il vient de paraître sur cet excentrique seigneur un livre fort curieux et fort bien fait sur lequel je reviendrai et dont j'aurais parlé tout de suite, s'il ne m'avait paru tout d'abord fait pour certains intérêts particuliers. Je crois que ce livre ne changera rien, et qu'il eût peut-être mieux valu ne pas remettre en scène le petit-fils maquillé de Witikind.
Un cristallophile célèbre, c'est ou c'était, j'ignore s'il vit encore, le fils du docteur C...
Le docteur C..., qui, dans son temps, avait joui d'une grande réputation, avait été le précurseur du docteur Ricord.
En mourant, il avait laissé une fortune considérable à son fils, ce qui était fort heureux, car ce fils eût été probablement incapable d'acquérir quelque bien.
Il n'avait qu'un goût au monde, qu'un désir, un rêve, une passion: les diamants. Il en avait un grand nombre qu'il avait cousus sur un plastron de velours noir, et il couchait avec.
Ce caillou porte en lui des germes d'excentricité, puisque tout ceux qui l'aiment,—les hommes, bien entendu,—ont tous plus ou moins le cerveau dérangé.
Le bon abbé Haüy pensa être victime d'un de ces possédés.
On sait que ce fut lui qui trouva la manière la plus certaine d'analyser les pierres en les brisant, les éclats de chaque pierre ayant une forme particulière et déterminante.