Comme il allait enlever, pour la briser, une parcelle d'un diamant rose, afin de s'assurer par la forme des fragments si le prétendu diamant rose n'était pas tout simplement un pâle rubis, le marquis de Maugier, qui assistait à l'expérience, tira son épée:

—Monsieur l'abbé, s'écria-t-il, si vous brisez ce diamant, son sang retombera sur vous; vous êtes un homme mort.

—Monsieur, répondit naïvement le bon abbé, le diamant n'a pas de sang et ne saurait en avoir, puisque...

Le marquis ne le laissa pas achever, il reprit son diamant et s'enfuit à toutes jambes.

En arrivant chez madame de Caylus, il s'écria:

—L'abbé Haüy, un savant! mais c'est un âne fieffé, et, s'il ne dépendait que de moi, il serait enfermé aux Petites-Maisons.

Et comme madame de Caylus lui assurait qu'elle était étonnée d'entendre un homme de qualité s'exprimer ainsi sur le compte du plus vertueux des hommes, le marquis lui répondit d'un air sarcastique:

—Ah! comtesse, je vous concède sa vertu, mais, pour sa science, vous me trouverez inexorable; et il ajouta d'un air de pitié:—Et, d'ailleurs, que voulez-vous attendre d'un homme qui prétend avoir trouvé une méthode pour apprendre à lire et à écrire aux sourds-muets!

Une des pièces qui ont le plus consolidé la réputation en Allemagne du célèbre Hebel, est intitulée le Diamant. A Vienne, cette pièce se joue sérieusement au théâtre Impérial. J'en recommande fort le sujet aux faiseurs de pantomimes anglaises ou parisiennes qui défrayent les Folies-Bergère.