Voici le sujet de ce «drame philosophique», comme on dit là-bas sur l'affiche.

Un empereur d'Autriche a une fille et un diamant magnifique. Par l'étrange caprice d'une fée, quand l'empereur perdra son diamant, il perdra en même temps son enfant.

Un jour, le diamant disparaît, et l'auguste père, au désespoir, fait annoncer à son de trompe que celui qui a volé le diamant sera haché menu comme chair à pâté, et que celui qui rapportera le diamant épousera la princesse sa fille et les florins y afférents, comme disait Me Hégésippe, notaire royal du Beauvoisis.

Un soldat blessé vient demander l'hospitalité dans une ferme; le paysan et sa famille l'accueillent et le soignent si bien qu'il ne tarde pas à mourir.

Le soldat, touché de tant de soins inutiles, donne à la fille du paysan un caillou gros comme une noix dont les facettes jettent mille feux.

La fille regarde ce présent en regrettant qu'avec le bouchon le moribond ne lui fasse pas également cadeau de la carafe.

Survient un juif,—il y en a partout,—qui offre un double florin du caillou brillant.

Marché conclu.

Mais voici la justice qui frappe à la porte.

Le juif, qui se méfie, avale le caillou; ce qui ne l'empêche pas d'aller en prison.