Heureusement des voleurs surviennent et délivrent le misérable des mains des gendarmes; ordinairement c'est le contraire, mais ces Allemands sont si originaux!

Dans la profondeur de la forêt, le juif se précipite aux genoux du chef de brigands, son libérateur.

—Homme taré, lui dit-il, laisse-moi partir et demain je te prouverai ma reconnaissance en t'envoyant cent florins.

—Vous êtes bien bon, dit le voleur, mais j'aime autant être payé tout de suite, il y a longtemps que j'ai envie d'un diamant.

Il tire alors son formidable poignard, mais le juif, prompt comme l'éclair, le lui arrache des mains et le tue.

Le voilà libre.

Il s'élance dans la maison paternelle, mais son père le dénonce.

Il va chez sa maîtresse, mais sa maîtresse le dénonce; l'humanité entière est contre lui et le poursuit; il n'est pas jusqu'à son chien qui ne flaire le diamant.

Dans ce péril extrême, le juif veut passer à l'étranger; malheureusement, de son côté, le diamant manifeste la même intention et le juif éprouve d'atroces douleurs.

Il va chez un médecin qui s'empresse de lui proposer l'opération, son scalpel à la main; l'œil brillant de convoitise il va éventrer le patient, lorsqu'heureusement la nature reprend ses droits.