Pour les familles patriciennes, une mort est, comme pour le bourgeois, un immense malheur; mais un simple deuil est souvent une bonne fortune.

On parlait un jour, dans le salon de la comtesse N..., des deux demoiselles de G..., dont la beauté est remarquable.

—Pourquoi ne se marient-elles pas? demandait quelqu'un.

—Comment voulez-vous qu'elles se marient, fit la maîtresse de la maison, elles sont adorables, mais les de G... sont en plein guignon, voilà plus de dix ans qu'ils n'ont pas eu le moindre deuil.

—C'est vrai, firent les intimes; on n'est pas plus malheureux.

Un profane, qui aurait entendu cela, aurait senti ses cheveux se dresser sur sa tête et se serait cru au prima serra à l'auberge des Adrets.

Et pourtant!...