Le roi Louis-Philippe arrivait avec une tout autre politique que celle du droit divin. Il pensa, non sans raison, qu'il deviendrait populaire en se faisant bourgeois, et, pour ce faire, il n'hésita pas à couvrir sa majesté d'une redingote à la propriétaire.
Tout s'enchaîne; le salut et la discrétion respectueuse se changèrent en poignées de mains.
—Bonjour, monsieur le roi, comment vous portez-vous?
Et le roi répondait en pressant toutes les mains prolétaires qui se tendaient vers lui.
—Bien, mes bons amis, très bien.
Et il causait avec Dubois, Durand ou Lefèvre, de pair à compagnon, s'informant de leur famille, et de leurs affaires et de leurs affections.
Pauvre roi! prince vertueux, comme il fut bien payé de tant de bonne grâce par ces bourgeois si fiers de lui toucher la main!
Je ne puis résister au désir de citer des anecdotes oubliées aujourd'hui et qui firent la joie de ma jeunesse. Elles prouvent combien le roi Louis-Philippe était doué d'une bonté à toute épreuve, doublée d'une finesse extrême, d'autant plus remarquable qu'elle était accompagnée d'une bonhomie charmante.
Une députation de la garde nationale de Bordeaux vint féliciter le roi d'avoir échappé à l'attentat de Fieschi.
Le roi reçut ces Bordelais comme il aurait reçu les vrais Girondins.