Heureusement cette admiration s'est arrêtée à Bayonne et à Perpignan. Le centre et le nord n'ont pas mordu.

Mais nous l'avons échappé belle; si les taureaux amenés par trois fois à Paris n'eussent été d'un ridicule achevé, ce spectacle aurait eu des amateurs certainement, et, plus d'une fois, nous aurions mangé des biftecks d'assassins.

La perfide Albion nous prend nos poules et nos œufs, ce qui fait qu'en France et à Paris surtout, où l'on paye de gros droits d'entrée, il faut faire des sacrifices sérieux pour regarder une cuisse de poulet; nous n'avons rien à dire, c'est le libre échange. Il paraît que cela a de grands avantages, que les économistes ont seuls le droit de voir et de comprendre: tant mieux.

Donc que les anglais mangent nos œufs, bon; mais qu'ils les fassent couver pour nous envoyer leurs coqs, non; ce n'est plus de jeu.

Qu'avons-nous besoin de ces animaux? Ils sont bons sur les drapeaux, dans la casserole, et non pas dans l'arène.

Voilà un beau jeu que d'aller leur attacher des canifs aux pattes, pour qu'il se charcutent!

Les canifs servent à tailler les plumes, c'est vrai, mais pas la chair avec.

M. Belmontet dirait:

Les canifs ne sont pas instruments de bataille: