La fortune du Gascon devenait sérieuse; un moment d'oubli vint à jamais le brouiller avec son maître.
Un jour, à la chasse, une branche mal apprise fit un accroc à la tunique du shah.
Boredon, avec un empressement qui prouvait plus en faveur de son bon cœur qu'en faveur de sa finesse, prit son étui dans sa poche et se mit à raccommoder la tunique endommagée.
Feth-Ali, stupéfait, le regarda faire.
—Que veut dire cela? demanda-t-il.
Boredon comprit sa faute; il s'excusa en affirmant qu'en son pays les plus grands personnages savaient coudre les habits sans avoir jamais appris.
Vers 1816, une mission composée de savants et de voyageurs français arriva à Téhéran et réclama l'honneur de saluer le prince.
Le shah fit demander si parmi les nouveaux venus il se trouvait un poète capable de lui improviser des fables.
Comme on lui répondit qu'il ne s'en trouvait pas, Feth-Ali se montra désappointé; néanmoins, voulant cacher son mécontentement et donner à la mission française un éclatant témoignage d'estime, il lui envoya tous ses vieux habits, en priant de faire de bonnes reprises qui seraient bien payées.