Un homme qui peut dire: J'abaisserai les impôts, je supprimerai le service militaire, je donnerai de l'avancement aux employés, cet homme peut être sûr d'avoir des partisans.

Mais un prince qui ne réclame pas la couronne n'est pas un prince intéressant du tout.

Le plus curieux, c'est que Naundorff a trouvé un avocat; cet avocat, c'est M. Favre; il y a des fatalités.

Vous vous attendez à me voir injurier cet homme politique. Eh bien, pas du tout; vous voilà bien attrapés.

D'abord je n'insulte personne. Cela ne sert à rien; puis je reconnais à M. Favre un certain courage, celui de rechercher avec avidité toutes les occasions d'exciter ses ennemis contre lui. Est-ce de sa part bravoure, mépris ou inconscience? Ma foi, je n'en sais rien.

Dans ce procès, comme dans les autres, le membre de la Défense nationale défend son client avec un talent indiscutable.

Pendant un moment, il a jeté le doute dans l'esprit de l'auditoire, à ce point que plusieurs vieilles dames versaient des larmes abondantes.

Un soir, un député arrive tout effaré dans les couloirs de l'Assemblée.

—Jules Favre, s'écrie-t-il, vient de prouver d'une façon irréfutable que Naundorff est vraiment le dauphin de France.

—Quelle plaisanterie!