Cette reine d'occasion s'appelait de son nom de famille Louise Birat; elle avait été couronnée sous celui de Pomaré. Son sacre avait eu lieu à la Chaumière; le champagne avait remplacé l'huile sainte.
Ses deux chevaliers, ce jour-là, étaient M. Charles de T..., ancien préfet de l'empire, et M. B..., qui devint plus tard un magistrat irréprochable et qui occupa de grandes situations. Que ces gentlemen ne disent pas non, ou je les imprime tout vifs...
Louise Birat était laide comme le péché, mais attrayante comme lui, et elle dansait à ravir. Son teint bistré, son nez plat et ses cheveux d'un noir à irriter le cirage.
C'était au temps où M. Guizot avait préféré indemniser, moyennant une somme insignifiante, un certain Pritchard, pasteur protestant, plutôt que d'avoir la guerre avec l'Angleterre.
Les esprits étaient fort excités contre le ministre. Pendant un mois on ne parla que de cela.
Ce fut à ce moment qu'un farceur, voyant passer Louise Birat, cria:
—Tiens! la reine Pomaré.
Le nom lui resta.
Louise avait été blanchisseuse. Son caractère avait toujours été aimable et doux, mais elle ne fut pas plus tôt au pouvoir, qu'elle devint insoutenable. Pour parler le le langage des sujets de cette majesté, «elle croyait que c'était arrivé».
Son orgueil n'eut plus de bornes. Elle inventa une natte de cheveux tressée en manière de couronne, et elle affectait volontiers de dire: «Nous voulons,» ainsi que font les vrais rois.