—C'est très ingénieux.

—Chaque fois qu'un fait, qu'un détail, un mot même, avait trait à l'une des illustrations en question, mon mari le piquait et le mettait en ordre; et chaque fois qu'une maladie arrivait, il faisait en sorte que le dossier du malade fût à jour.

—Parfait, parfait!

—Ainsi M. Guizot a été très complet, parce qu'il s'y était pris à plusieurs fois avant de quitter la terre, c'est pour cela que je vous ai dit que c'était un bon mort.

—Ah! très bien; et quels sont les mauvais morts, je vous prie?

—Mais ceux qui partent sans tambour ni trompette; tenez, M. Beulé par exemple, qui est mort sans crier gare. Aussi n'a-t-il eu ses articles que huit jours après, parce que son dossier n'était pas à jour.

—C'est juste, et oserais-je vous demander à quel journal votre mari est attaché?

—Mais à tous.

—Comment cela?

—Sans doute, tous les articles nécrologiques sont de mon mari, il les varie suivant l'opinion des journaux. Ainsi il a fait quatre articles Guizot: l'un pour les journaux conservateurs, l'autre pour les journaux radicaux, le troisième pour les journaux sous-conservateurs, le quatrième pour les sous-radicaux.